Depuis 1994 et leur tube éternel, Mr Jones, Adam Duritz et les Counting crows font un rock dynamique, un poil torturé, qui oscille entre tradition pétaradante et écriture plus sombre. Les sceptiques verront là une version très light de Bruce Springsteen et le E Street band. Les autres trouveront des bonnes raisons d’espérer.
Votre serviteur appartient à cette seconde catégorie. Les Counting Crowes ne réalisent jamais le disque parfait. Ils sont bourrés de défauts à commencer par des productions un peu trop sages.
Pourtant, un disque des Counting crows, on y revient toujours. Depuis leur premier opus, Duritz et ses gars tricotent un rock affectueux, intellectuel dans le bon sens et qui s’enrhume rarement.
Leurs chansons sont une bande son idéale pour le spleen ou la fête. La joie ou la tristesse. Les atermoiements du chanteur rendent leurs ritournelles proches de nous. Ecouter un disque de ce groupe peut consoler, foutre la patate ou rendre heureux.
Duritz est plus torturé qu’heureux. Il est aussi inspiré par ses drames intimes et motivé par sa passion pour la musique. Déterminé, il emmène son groupe dans cette dualité avec Saturday nights et Sunday mornings.
Les premières chansons sont produites par Gil Norton (Pixies, The Strokses). Elles sont plutôt rageuses et pleines de bulles électriques. On sent la chaleur de la nuit et sa douce euphorie parfois titubantes (épatant Los Angeles). La partie se conclue sur un morceau qui sert de défouloir et rassemble tout ce qui fait le charme (ou la fadeur) du groupe.
Pour le lendemain de fête, c’est Brian Deck (Iron & Wine, Modest Mouse) qui produit. Il calme les ardeurs du groupe et les chansons se font plus caressantes, plus sombres et plus justes. La seconde moitié n’est pas une molle partition. C’est un récital plus sensible mais tout aussi robuste que la prémière partie.
Le disque ne souffre pas de ce découpage en deux. Il profite de tous les états des Counting Crows. On les connaissait déjà ! Leurs disques sont tellement rares que l’on oublie la richesse et la chaleur de leur univers.
Allez, faut s’y mettre !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 13/06/2008