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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Sans plus attendre

Sans plus attendre

Rob REINER et Molly MAGINNIS

Avec Jack Nicholson, Morgan Freeman, Rob Morrow et Sean Hayes - 27 février 2008 - 1h36

Et ta critique ?




Que se passe t-il lorsque l’on donne un sujet intéressant à un réalisateur reconnu et deux acteurs expérimentés et talentueux ? Soit l’on crie au chef d’œuvre absolu soit…pas. Quand ça ronfle sur une forêt de lauriers, on a vite fait de choisir.


L’un est garagiste cultivé avec un sens aigu de la famille. L’autre est le dirigeant cynique et asocial d’une chaîne d’hôpitaux où règne la rentabilité. Les deux sont condamnés par une tumeur inopérable qui les rapprochent de leur créateur. Nécessité faisant loi, on les retrouve dans la même chambre à se lamenter sur la vacuité de l’existence, les destinées contrariées et le sens de la vie.

De l’heure des bilans à celle des comptes à rebours, l’un choisit plutôt l’hédonisme alors que l’autre se met en quête de spiritualité. L’un s’éloignera de sa famille et l’autre s’en rapprochera. Tous deux tenteront de profiter du peu de vie qui leur reste pour réaliser ce qui est écrit sur un bout de papier, quelques idées pour donner du sens à une existence déjà bien remplie.

On aurait pu se diriger vers une quête philosophique (Wenders), un road trip énigmatique (Lynch), une réflexion cynique (Cohen) ou une fresque épique (Eastwood), mais aucun des réalisateurs cités ne devaient être disponibles puisque c’est un autre qui s’y est collé. Malheureusement, on a l’impression que Rob Reiner a passé son temps à transiter entre la machine à café et le plateau, laissant tourner la caméra et lançant à la volée « Vous connaissez le texte, je vous fais confiance ».

De fait, cette comédie gérontophile part lentement à la dérive, passant d’une séquence à une autre avec autant de passion que lors d’une projection de diapositives après un voyage dans un pays tropical. Les aventures molassonnes et convenues de nos deux vieux briscards ne risquent pas de faire l’unanimité quand bien même le propos soit consensuel.

A trop se reposer sur le charisme de deux grands du cinéma américain (Nicholson et Freeman), il est facile de gâcher de la pellicule. Non pas que l’immense talent dont ils font preuve soit insuffisant à susciter de l’émotion, mais en absence d’une bonne mise en scène, tout cela ressemble plus à de la vanité qu’à autre chose. Du gâchis en quelque sorte.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 27/02/2008