RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Sans Sarah rien ne va

Sans Sarah rien ne va

Nick STOLLER

Avec Kristen Bell, Jason Segel et Russel Brand - paramount - 4 juin 2008 - 1h50

Et ta critique ?




Les comédies américaines bien grasses arrivent avec le beau temps. Mais même avec la pluie, ces films débarquent quand même. Sans révolutionner le genre, il y aura du divertissement à prendre. Mais si peu.


Avoir comme petite amie une héroïne de série télé est la source d’une fierté sans commune mesure, surtout quand on est un petit compositeur pantouflard. Bon, il faut relativiser : ladite série est un ersatz des Experts mal foutu qui risque d’un moment à l’autre de se faire déprogrammer et son boulot ne le passionne pas. On a tout de même vu pire.

Alors quand la concurrence se présente sous la forme d’un bellâtre hidalgo avec un accent britannique, soutenir la comparaison se révèle difficile. Même si ce dernier est complètement couillon et tout à fait égocentrique. Ce qui doit d’ailleurs faire un peu plus mal. Après avoir tenté de noyer son chagrin dans l’alcool et de consoler dans les bras d’autres femmes, la dépression ne le quitte plus. Alors, pourquoi ne pas partir à Hawaï ?

Entre parties de plage et soirées arrosées, il y a de quoi recoller les morceaux d’un cœur brisé. En théorie, puisque quand son ex débarque avec son copain crétin, le malheureux retourne en position fœtale avec une boite de mouchoirs à proximité. Heureusement, le personnel de l’établissement hôtelier sera d’une grande aide (bien qu’intrusive), y compris sous la forme d’une belle brune qui se proposera d’elle-même comme alternative sexuée. La suite, on la connaît déjà.

Et c’est là que le bât blesse. L’absence de scénario solide et d’ambition narrative est soulignée par des artifices grossiers et, ce qui est pire, peu originaux. Noyés dans la masse de séquences purement fonctionnelles, les quelques bons moments sont rares et là où l’on ne les attend pas (un sentiment d’autodérision et une scène finale, surréaliste dans ce contexte, qui parvient à être drôle et touchante).

L’ensemble n’est pas relevé par ceux qui sont censés le servir. Les comédiens sont tous plus ou moins tirés de séries qui ont dû se dire " pourquoi ne pas tenter le grand écran? ". Cela ne justifie malheureusement pas le passage à l’acte. À ce titre, on se demande si la plus grande performance artistique de l’acteur principal ne consiste pas pour lui à montrer ses fesses. Pour être juste, il montre aussi son pénis.

Du coup, les personnages caricaturaux ne bénéficient d’aucune profondeur. Même si cela correspond au cahier des charges de ce genre de film, ce n’est pas une raison pour en faire si peu. Aussi plat qu’une grosse production familiale avec juste ce qu’il faut de nudité et de vulgarité pour le réserver à des adolescents en manque de romantisme, ce film fleure bon la junk food et le public visé aura certainement mieux à faire que d’aller le voir.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 19/06/2008