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Dimanche 05 Février 2012Livre

 Saltatempo

Saltatempo

Stefano BENNI

Babel - Traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli - 414 pages

Et ta critique ?




Un livre très drôle sur l’Italie des années 60. L’histoire d’un gamin qui voit son village livré aux mains de promoteurs véreux contre qui il tente de lutter avec quelques irréductibles villageois.


Il est aussi aidé par des esprits de la forêt, dont un dieu qui lui confère le pouvoir de voir le futur. Au final, Saltatempo est un très beau roman, drôle et onirique, sur la folie du monde moderne.

Dans l’Italie des années 60, un petit garçon - Saltatempo - vit en communion avec la nature jusqu’à ce que la soif de modernité de quelques-uns vienne bouleverser son monde : ils veulent raser le village pour construire des lotissements, et déboiser la forêt pour bâtir une usine et une autoroute.

Saltatempo luttera à sa façon, grâce notamment au don que lui a conféré un dieu de la forêt : celui de voir le futur de ses interlocuteurs, ce qui lui permet de juger de l’honnêteté de chacun.

Ce livre est un régal à double titre : plaisir de lire les turpitudes d’un gamin, et jubilation de vivre aux côtés de villageois incroyables auxquels on s’attache, d’autant que les personnages secondaires sont soignés.

"Galilé, Cavazzuti et moi faisions la cour à la Venerelli (…). Galilé était un adversaire redoutable : c’était un vrai intellectuel aux yeux bleus et mélancoliques, et il s’adressait à la Venerelli comme si c’était un pur esprit, sans jamais regarder ses nichons, mais moi je savais très bien que s’il ne les regardait pas en ce moment, il les avait lorgnés avant. Galilé parlait, avec une voix aiguë, de ses trois sujets préférés qui étaient le destin de l’homme et le sens de la vie. Le troisième était : pourquoi trouve-t-on tant de doubles dans les images de joueurs de foot, mais ce jour-là ce n’était pas le bon sujet."

L’ambiance de village est très bien restituée, avec les communistes qui se chamaillent sans cesse avec les "modernistes", des hommes d’affaires ou politiques véreux.

Mais si le rire est présent quasiment à chaque page, on sent finalement poindre une nostalgie, une interrogation sur le monde moderne qui vise le progrès, quitte à mettre en péril l’équilibre, voire la vie, de tous.


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 22/10/2009