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Vendredi 25 Mai 2012Art-scène

 Salle des fêtes

Salle des fêtes

Jérôme DESCHAMPS et Macha MAKEïEFF

A la MAC Créteil le 04/12/2008 - En tournée

Et ta critique ?




Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff nous invitent dans une Salle des fêtes douce-amère qui nous fait rire et nous touche beaucoup.


Une salle des fêtes désuète avec un comptoir en formica et une piste de danse en lino. Un molosse sous le bar, et une patronne qui s’affaire.

Et puis un personnage entre en piste et se lance dans une interprétation échevelée et décalée de Marcia Baila des Rita Mitsouko.

Ils seront six, outre la directrice des lieux, à se succéder sur le devant de la scène, à oser se lancer dans l’interprétation d’une chanson qui leur plaît, de Dave à la Techno, en passant par Nirvana.

Ils sont un peu ringards (Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff sont les créateurs des Deschiens) et leurs choix musicaux sentent bon la fête populaire ou la communion du petit dernier.

Ils sont drôles, à leurs dépens le plus souvent. Ils sont affreux et méchants aussi, parfois. Ils sont tristes, par moment. Ils sont touchant, toujours.

Touchants dans la lose qui leur colle à la peau, même lorsqu’ils se transcendent et se prennent à rêver qu’ils sont des stars. D’ailleurs ils semblent un peu gênés, derrière leur apparente extravagance, de se produire ainsi en spectacle (ou s’agit-il de répétitions ? la salle est déserte…).

Ils donnent leur maximum (et ils sont d’ailleurs redoutablement talentueux !) mais ils sont comme des gamins un peu pitoyables, avec la peur de s’en prendre une chevillée au corps. Les jeunes voudraient du rap, de la techno, ils voudraient faire du bruit, s’exprimer, peut-être s’amuser franchement…

Mais la patronne veille, sévère et râleuse, toujours prompte à briser les rêves : "C’est fini oui ? Alors !"

On ne parle quasiment pas dans cette Salle des fêtes. Ou alors on s’engueule à coups de phrases incompréhensibles, parfois même dans des langues étrangères. Tout ce que l’on fait, c’est chanter. Chanter, comme pour se convaincre qu’on s’amuse.

Mais une pointe de mélancolie se dégage de cette Salle des fêtes, un peu comme lorsqu’on se souvient des jours heureux, avec une tendre nostalgie qui nous ravit et nous anime d’une gaîté teintée de douce tristesse.

Il faut dire qu’elle sent le sapin la Salle des fêtes, avec ces travaux envahissants qui provoquent des bruits assourdissants en coulisses et ces ouvriers qui déboulent et chamboulent tout. Alors, dépêchons-nous d’en profiter !


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 13/12/2008