Mogwai, Jacques Higelin, PJ Harvey, Animal Collective ou Arcade Fire. Avec de telles influences, pas étonnant de retrouver une guitariste féline aux textes alambiqués. Troublant d’anticonformisme.
Maud-Elisa Maudeau a le don de vous mettre mal. Eh oui, Le Prince Miiaou n’est pas un gros matou poilu. C’est un joli brin de femme qui se mue en PJ Harvey (He said no). Une voix déchirante. Could you please die ? ferait plaisir à un mort tant une noirceur non étouffante s’en dégage.
Complexe demeure le mot pour qualifier les émotions rageuses de cette écorchée vive. Le seul titre en français, American extract, le démontre. La joie s’invite parfois (A beast beside your died). La mélancolie aussi, à la sauce Cat Power parfois (This is not about a map).
Le Prince Miiaou sample ses propres chœurs en direct sur scène, mais bidouille sur logiciel du violoncelle et autres instruments à cordes dans son studio. Norbert Labrousse (batteries) et François-Pierre Fol (violoncelle/basse) l’accompagnent sur scène, où elle joue de la gratte.
Le Chantier des Francos et Inter ont fini le travail de découverte entamé par les Inrocks. De visu, il paraît que la compositrice touche-à-tout ronronne de plaisir. A vérifier de vos propres yeux.
Thomas Delavergne
© Etat-critique.com - 30/12/2009