Alors que nos médias n'en finissent pas d'analyser la folie électrice qui secoue les Etats Unis. Francophile, Ted Stanger juge l’hexagone avec férocité et beaucoup d’humour.
L’anti américanisme est un sport national. Depuis l’arrivée de l’administration Bush au pouvoir, le Français est devenu le meilleur ennemi de son cousin américain. La guerre en Irak a fini par fâcher les deux pays.
Les choses vont mieux avec notre nouveau président, qui fait lui aussi des rêves américains. Et face à la crise, il vaut mieux se serrer les coudes entre démocraties capitalistes. On critique donc les Américains avec envie et on est assez généreux en la matière. On reconnaît tous les défauts de la plus grande démocratie du monde, cela nous empêche d’observer nos propres travers.
Heureusement il y a Ted Stanger. Journaliste, il vit depuis longtemps sur le vieux continent au service de nombreux quotidiens américains. Il a une vraie passion pour notre pays. Il se pose aussi beaucoup de questions sur notre savoir vivre et nos modes de fonctionnement. En bon américain, Ted Stanger s’interroge sur nos fonctionnaires et tous leurs acquis qu’ils conservent farouchement.
Il s’agace de l’intellectualisme vide, de notre prétention légendaire et de notre chauvinisme non avoué. Il fait la revue de tous nos défauts et ce n’est pas triste. L’économie, le politique, le culturel, le social, tout y passe dans des chapitres aigres-doux.
Car le journaliste aime notre pays. Il devine un certain déclin et c’est pourquoi ses textes sont virulents ou de mauvaise foi. Ils ont alors un rythme élégant et énergique. La vivacité est la principale qualité de ce recueil de pensées parfois pertinentes, qui font travailler notre humilité.
Et malgré quelques portes ouvertes enfoncées maladroitement, le livre délivre de belles vérités sur le Français et la façon dont il se voit. C’est féroce mais pas forcément injuste. Il nous donne une bonne leçon. A défaut de l’apprendre, il est bon de l’écouter.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 14/11/2008