Kadour Attou, directeur du Centre Chorégraphique National de La Rochelle, nous propose un étonnant mélange de hip hop et de symphonie contemporaine.
C’est la dixième année que le Théâtre National de Chaillot organise un « temps fort » de danse hip-hop en invitant des figures historiques de la discipline comme de jeunes compagnies.
L’édition de 2010 est particulière puisqu’elle accueille deux chorégraphes hip-hop entrés à la direction de centres chorégraphiques nationaux : Kader Attou et KMourad Merzouki, à la tête du Centre Chorégraphique de Créteil avec son spectacle Boxe Boxe.
C’est la deuxième fois que le Théâtre National de Chaillot collabore avec Kader Attou. A l’automne 2008, il avait déjà présenté un spectacle où danse hip hop, cirque et interprétation se mêlaient.
Pionnier du genre urbain avec la compagnie Accrorap, Symfonia piesni zalósnych marque un nouveau départ : le chorégraphe travaille sur une œuvre majeure, la Symphonie n°3 pour soprano et orchestre, opus 36, du compositeur contemporain Henryk Mikolaj Górecki.
La musique envoutante, oscillant entre plainte et espoir, est porteuse d’une grande puissance émotionnelle. Cette symphonie incite à aller à la rencontre de l’autre. Chaque danseur s’intègre alors dans une même communauté de corps où l’émotion de la danse répond à celle de la musique.
Néanmoins, ce spectacle réserve plusieurs mauvaises surprises. Le hip-hop n’apparait pas comme une composante principale du spectacle mais plutôt comme un clin d’œil. Le mélange des genres ne sera donc pas aussi époustouflant qu’on l’attendait.
De plus, bien que chaque composante du spectacle soit appréciable, l’ensemble ne convainc pas. La grande promesse d’un voyage expérientiel grâce à ce mélange original, nous laisse relativement indifférent.
La grande découverte de ce spectacle restera la musique étonnante et émouvante du compositeur Henryk Mikolaj Górecki.
Rebecca Bory
© Etat-critique.com - 18/11/2010