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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Rush hour 3

Rush hour 3

Brett RATNER

Avec jackie Chan, Chris Tucker, Noemie Lenoir et Yvan Attal Metropolitan filmexport – 17 octobre 2007 – 1h30

Et ta critique ?




Le duo de L’arme fatale a été remplacé depuis une décennie par les deux flics de Rush hour, mondialisation oblige ! Pour une troisième fois, Jackie Chan fait des galipettes tandis que Chris Tucker fait du bruit.  Une nouvelle fois, le résultat se vautre dans la beaufitude la plus totale.


Chris Tucker roule des yeux. Il chante des hits de soul music, avec sa petite voix nasillarde et une chorégraphie empruntée à Michael Jackson. Il débite des kilomètres de blagues, rarement fines qui tournent autour de son zizi. Titeuf, à coté, c’est un prix Nobel de sciences !

Jackie Chan est à ses cotés : on aimerait qu’il lui colle un bourre pif pour qu’il se taise un peu. Hélas, la star asiatique, elle, doit mener une enquête. Pendant que Tucker insupporte tout le monde, Chan joue le flic intègre, qui tente de retrouver une liste avec les noms des dragons, c'est-à-dire les chefs de triades.

Les deux policiers débarquent à Paris, après avoir subi un touché rectal. Comme c’est Roman Polanski qui le fait, c’est donc drôle. Finalement c’est juste pathétique. Car l’humour se bloque au niveau du caleçon.  Ce n’est plus de la régression. C’est de l’agression.

Brett Ratner, incompétent responsable de nanars coûteux, confirme bel et bien qu’il est le Max Pecas d’Hollywood. Les acteurs ne jouent pas : ils aboient. Voir Yvan Attal en français moyen, gueulard et poltron, c’est triste à mourir.

D’ailleurs, la vision des Français empile les clichés avec un aplomb terriblement américain. En gros, le film explique qu’il vaut mieux être un crétin américain (Chris Tucker) qu’un plouc franchouillard qui n’assume pas son besoin d’ultra violence… C’est vous dire le niveau.

Les scènes d’action ne compensent même pas cette bêtise navrante. Jackie Chan, la cinquantaine, ne prend pas de risques et rebondit moins à l’écran que d’habitude. Même lui semble lasser par les improbables combats, complètement risibles sur la Tour Eiffel pour cacher un scénario famélique, vu mille fois dans des téléfilms sans âme.
Rush Hour 3 est donc une opération commerciale qui sent des dessous de bras et la mauvaise bière. C’est honteux. C’est débile. C’est Brett Ratner !

D'ailleurs mon partenaire de buddy movie va dire exactement la même chose:

Après avoir pourri la licence X-Men avec un troisième opus à la limite de l’apoplexie cinématographique, Brett Ratner nous revient avec sa trilogie à lui. Rush Hour 3 est son plus bel exploit : faire pire que les précédents n’était pas si facile.

Ah Rush Hour ! Ses cascades, son humour et son concept moulinant plus de clichés raciaux qu’un bar du commerce à l’heure de l’apéro… Vous n’en vouliez plus ? Malheureusement pour vous, Hollywood vient livrer le dernier opus tout droit sorti du néant créatif de son géniteur. Alors, oui, il s’agit d’une suite commerciale. Mais pas plus que le premier épisode en fin de compte.

Pitch : le duo Chan/Tucker poursuit un assassin des Triades qui traque une française  qui possède le nom de tous les parrains chinois. Scénario : voir pitch.

Dans un souci d’altruisme, voici révélée la meilleure scène du film : une traduction d’insultes en français par une bonne sœur. Deux minutes. Une fois n’est pas coutume, pour jouer des français, on retrouve des acteurs américains dont l’élocution rend impossible la compréhension par un hexagonal de sa propre langue.

Inversement, le syndrome Lambert Wilson (Matrix 2), innocemment utilisé à des fins supposément comiques, frôle ici l’incident diplomatique. Pour les néophytes, ce syndrome force tout acteur français jouant dans un film américain à improviser un accent anglais qui ferait passer Jacques Toubon pour un professeur de Cambridge.

Et si nos compatriotes parlent entre eux dans la langue de Shakespeare, il ne s’agit que d’un artifice pour éviter d’inscrire des sous-titres fatigants pour la tête dans cet édifice intellectuel. En parlant monuments et à l’instar d’un Frantic (en mauvais), l’urbanisme parisien est revisité en dépit du bon goût : l’avenue Franklin D. Roosevelt devient une impasse lugubre qui abrite un casino illégal et le théâtre des Champs-Élysées accueille une revue de cabaret pour touristes.

Pourquoi tant de haine ? Et pourquoi d’excellents comédiens tiennent à se ridiculiser dans des rôles de franchouillards névrosés et antipathiques ? Ici, ce sont Julie Depardieu et Yvan Attal qui sont au pilori. Si ce dernier s’attribue la remarque la plus acide du film : « Je ne saurai  jamais ce que cela fait d’être américain et de tuer gratuitement quelqu’un », l’acidité finit cependant par tourner au vinaigre quand il finit par passer à l’acte dans une apothéose abyssale.

Déshabillé de tous ces détails fâcheux, il ne reste du long métrage que les cascades de Jackie Chan et la démesure outrancière de Chris Tucker. Les premières restent impressionnantes même si le pauvre Jackie n’est plus tout jeune et que l’on a plus l’impression de voir du Tai-chi que du Kung-fu. Quant aux pitreries de l’acteur afro-américain, elles sont justes pénibles à peine entamées.

En enlevant cette dernière couche qui manque cruellement de tonus et d’intérêt, il reste les crédits de fin (et le traditionnel bêtisier). C’est un peu léger, donc si vous devez absolument le voir (contraint par la torture par exemple), ne manquez pas les bandes-annonces, elles sont particulièrement bonnes en cette saison.


Pierre Riggs et Vincent Murtaugh

© Etat-critique.com - 19/10/2007