Au pays du kangourou, le rock est une affaire de riffs imparables et de refrains électriques. Dernier ersatz de ACDC, les Australiens de Airbourne s’annoncent en dignes successeurs d’un hard rock primaire et intemporel. Franchement drôle !
Il y a un truc en Australie. Ca doit être le climat, la géographie, l’isolement ou l’immensité de l’endroit, mais le rock là-bas correspond aux codes les plus élémentaires du genre. ACDC a posé les bases et depuis, les groupes qui s’échappent de l’île respectent un rock puissant, au son costaud et parfois au bon goût assez pauvre.
Certes il y a eu INXS et son rock FM, mais les premiers Midnight Oil sont rongés par l’électricité. Silverchair a su échapper à son destin de groupe de teenagers avec un rock élégant. Wolfmother a rassemblé les amoureux du rock chevelu et désormais, il y a les clowns de Airbourne.
Ces zozos ont beaucoup écouté ACDC et son rock binaire et faussement superficiel. Ils aiment beaucoup le rock dans ce qu’il a de plus primitif, trivial et frivole. Dans le premier disque, le quatuor réalise des chansons qui ne dépassent pas les trois minutes trente. Elles respectent le schéma le plus simple du rock : couplet refrain couplet refrain et solo puis refrain à répétition…
Elles sont suspendues à une voix héroïque et un solo de guitare qui sent mauvais sous les bras. Airbourne sent l’adolescent pas encore arrivé à maturité, la bière transpirée et la libido pleine d’acné. Runnin’ wild est une machine à voyager dans le temps. Celui du lycée, des filles et des premières cuites.
Airbourne est un joli pied de nez aux adultes et au rock responsable. Les frangins O’Keeffe et leurs deux copains se moquent de tout et se concentrent sur leur rock léger mais nostalgique tout en étant très vivant ! Les chansons sont des hymnes à l’adolescence.
Difficile de résister aux hits qui s’enchaînent sans imagination mais avec un plaisir certain. Décérébré, le rock d’Airbourne copie et colle celui des illustres aînés du hard. Il souligne aussi que dans ce genre, l’important est dans l’exécution et la spontanéité.
On sent que les frères ont entendu bien souvent le " onetwothreefour " des Ramones. Le rock est une blague mais ils ont l’art de bien l’exécuter, sans cynisme et avec une passion pour le style le plus vintage.
Cela ressemble donc à une grosse plaisanterie de musiciens. Mais c’est assez irrésistible. Depuis Crocodile dundee, on savait que l’humour australien sentait fort l’ornithorinque. Il est sûr qu’Airbourne, eux, ont un petit truc en plus !
Pour se réveiller , un petit tour de semi-remorque ? Sauvage la balade...