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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

 Rue Barbare

Rue Barbare

Gilles BéHAT

Avec Bernard Giraudeau, Jean Pierre Kalfon, Bernard Pierre Donnadieu et Christine Boisson - 1983

Et ta critique ?




Giraudeau s'échappe d'une chanson de Renaud et poursuit sa route sur les terres du polar urbain noir et bien violent.  Naveton d'exception!


Daniel Chetman pourrait s'appeler Gérard Lambert comme le héros de la chanson de Renaud (la musique est signée par Lavilliers). La banlieue est sombre. Les blousons noirs sont cruels. Et la violence règne. Ca castagne à l'ombre des cités d'ouvriers.

Daniel Chetman, dit Chet, est un ex voyou qui hélas met les pieds dans le plat et doit affronter son ancien gang mené par le terrifiant Hagen. Ca cogne dur et la pitié n'existe pas.  Gilles Béhat, le réalisateur,  tombe dans la violence facile et la représentation douteuse de la délinquance.

Intéressé par la marginalité, il se laisse fasciner par ses personnages, stéréotypes de d'un bon vieux jeu vidéo de baston.  Rue Barbare a peu de recul avec son sujet et cela devient presque malsain. Il est quand même question de viol et de règlements de comptes.

Il ne cherche pas à montrer la réalité mais fantasme à mort sur ce combat entre un loup solitaire et son ancienne meute. L'esthétisme des années 80 est en train de naitre et les barbares ont des looks soignés. Rue Barbare est très stylisé. On n'est pas loin du clip.

Mais les effets visuels enveloppent un peu trop joliment un violence gratuite et désormais grotesque. On se marre beaucoup devant les numéros cabotins de Jean Pierre Kalfon, Jean Claude Dreyfus et Bernard Pierre Donnadieu.

Le final est un grand moment parodique. Béhat a visiblement recherché l'efficacité des films de Walter Hill (Les rues de feu) ou d'un John Carpenter (New York 1997).  Difficile de ne pas rigoler devant des voyous qui ressemblent à une version gay maso des dégénérés de Mad Max.

C'est finalement un western (excellent Bernard Giraudeau) complètement eighties où la forme prend le dessus sur le fond. Tout le monde prend la pose dans ce film tourné entre un hangar, un chantier et un vieux routier.

Les dialogues sont hachés  par des accents de banlieue. Les sentences tombent à chaque coin de phrase. La débauche de virilité fait sourire. Ces héros si franchouillards ont bien du mal à faire oublier des illustres cousins américains beaucoup plus spectaculaires et intéressants!



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 21/10/2010