Cerise a 15 ans à Paris, une vie entre deux parents divorcés qui l'oblige à prendre le métro une fois par semaine. Elle aime y regarder les gens, leur inventer des vies.
Avec ceux qui font la manche c'est facile, c'est souvent eux qui la raconte. Il y en a qui font de la musique, d'autres qui crient leur haine, et leur solitude.
Ce jour de juin où Cerise met sa belle rouge toute neuve, il y a un homme qui est plus en colère que les autres. Et parce qu'elle est dans un bon jour, Cerise lui sourit. Et quand elle le recroisera, elle n'aura plus sa robe, mais la couleur rouge sera omniprésente.
Le Rouergue continue sa collection DoAdo noir, avec ce court texte assez violent. Entrecoupée de récits en italique qui relatent les interventions de ceux qui font les tours des rames, l'histoire de Cerise est banalement normale. Et c'est ce qui fait le contraste avec cet épisode sanglant vécu dans le métro.
Le suspens est maintenu tout au long du texte. On sait que la jeune fille veut s'exorciser de quelque chose d'atroce, et que pour mieux exprimer tout ce qu'elle a vécu, elle veut le mettre par écrit.
Un récit qui aurait pu être plus percutant, mais le suspens est un peu trop ténu pour être vraiment efficace. Pourtant le côté témoignage est bien mené. On notera aussi la réaction des familles face aux traumatismes des ados qui est plutôt bien décrite.
Un roman noir à ne pas mettre dans les mains des jeunes filles parisiennes trop impressionnables, à moins que vous ne vouliez les décourager de faire ami-ami avec tous les gens qu'elles croiseront dans le métro !
Claire Couthenx
© Etat-critique.com - 02/05/2007