Adrienne, Pauline, Constance, Jeanne, Anaïs, elles sont de plus en plus nombreuses pour décrire le difficile quotidien de la jeune femme moderne française. Elles ont du talent et de l’inspiration pour la plupart. Elles règlent leurs comptes avec quelques lâches et devisent avec élégance sur leurs rêves et leurs désillusions.
Professeur d’école, Rose ressemble à ses copines de musique. Ses chansons chroniquent un quotidien aigre doux. Avec humour et tendresse, elle s’observe et dépeint ses doutes et ses espoirs.
Musicalement, c’est très propre. La guitare de la chanteuse est délicieusement folk, en hommage à ses idoles américains. Mais elle n’a pas vraiment le goût de l’excès comme sa star, Janis Joplin. Au contraire, Rose aurait tendance à sucrer ses compositions. Tout en évitant d’écoeurer l’auditeur, ce qui est le piège tout fait pour une jeune chanteuse qui débute.
Découverte en première partie d’Alain Souchon, Rose partage avec le chanteur, cette musique peu aventureuse mais redoutable. Les chansons de Rose se retiennent dès la première écoute. Comme l’auteur de Allo maman bobo, il faut peut être se méfier des apparences légères et faciles.
Toute mignonne et caressante, Rose développe un univers moins lisse. J’ai et A l’envers sont deux belles douleurs mises en avant. La belle niçoise semble sincère et se fait plaisir pour soigner ses amertumes. On appréciera tout particulièrement ses emprunts au folk et au jazz. Rose joue la carte de la sincérité. Sans emphase, elle se livre sans trop de fioritures.
Si le disque souffre peut être d’imagination (surtout au niveau de la production), il ne manque pas de fraîcheur et d’authenticité. L’éclosion de Rose fait presque oublier le reste du remarquable bouquet musical actuel.