S’il fallait accorder un Prix de la Résurrection Rock la plus inattendue, c’est sans hésiter The Coral qui décrocherait la distinction 2007. Roots and echoes est l’une des meilleures surprise de l’année !
The Coral n’est pas un groupe liverpuldien de plus, c’est une légende. Une légende un peu oubliée des plus jeunes, mais qui continue à faire rêver les autres, ceux qui avaient découverts les premières fulgurances du sextet au début de ce millénaire. Un flamboyant album éponyme et un remarquable Magic and medecine plus tard, The Coral sombrait dans une lente mais irrésistible dépression post-natale qui débouchait sur quelques tentatives ratées et un split rendu (quasi) inévitable par le départ de leur leader charismatique Bill Ryder-Jones.
Mais heureusement, l’histoire n’est jamais définitivement écrite. L’insuccès et le relatif anonymat prématurément retrouvé aidant, The Coral s'est recentré sur ses fondamentaux. Vie tranquille dans leur bled natal, répétitions sans enjeu commercial, retour du “déserteur”, goût à la vie renaissant... il n’en a pas fallu plus pour que le besoin d’enregistrer réapparaisse ! C’est Noel Gallagher, fan revendiqué du groupe, qui offrira le studio d’Oasis à ses potes. Et c’est enregistré dans les conditions d’un direct à peine amélioré que la légende renaît aujourd'hui de ses cendres.
"Who's gonna find me", titre d’ouverture, illustre parfaitement ce renouveau. Enlevé, en place, nerveux sans être énervé, mélodique sans céder à la facilité, bien arrangé sans être ostentatoire. La classe, quoi. Une classe aussitôt confirmée par un "Remember me" des grands jours. Et des morceaux de cette trempe, Roots and echoes en est plein jusqu’à la gueule. Tantôt plus rageurs, tantôt plus enjôleurs ("Put the sun back", "Not so lonely"). Tantôt plus pop ("Jacqueline" - tube éternel en puissance, tout comme le "She's got a reason" de fin d’album), tantôt plus rock ("In the rain" - somptueux).
Ce retour en forme semble devoir beaucoup à leurs racines retrouvées qui font écho à un passé glorieux et finalement pas si lointain. Reste à transformer cette fulgurance inspirée en clé de voûte d’un édifice autrement plus ambitieux désormais à leur portée.
Joël Fompérie
© Etat-critique.com - 16/11/2007