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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Rome

Rome

Lupi DANIELE et . DANGER MOUSE

EMI - 2011

Et ta critique ?




Jazz et bluesy, un peu electro aussi, c'est le son estival d'Etat Critique. Moitié de Gnarls Barkley, Danger Mouse visite Rome en très bonne compagnie. Il ramène des souvenirs un peu clichés mais jamais désagréables.


Producteur américain, Danger Mouse ressemble de plus en plus à un de ses confrères anglais, MF Doom. Ces deux là se sont rencontrés: ils apprécient tous les deux un rap soyeux, respectueux du style old school et très ouvert aux sons venus d'ailleurs. Ces gars là sont des vrais artistes. Ils naviguent selon leurs plaisirs. Leur liberté fait toute la qualité de leur travail. Voilà deux personnalités du rap à suivre absolument!

Après la production du dernier Black Keys (le très rock Brother), avant de bosser avec U2, Danger Mouse retrouve son ami compositeur Daniele Luppi pour mettre la touche finale à Rome, projet commun depuis cinq années. Les deux hommes veulent rendre hommage à la musique d'Ennio Morricone.

L'année dernière, c'était Mike Patton. Cette année, c'est Danger Mouse qui s'essaie aux ambiances western spaghetti. Pour son voyage en Italie, Danger Mouse invite la chanteuse Norah Jones et le roublard Jack White.

Ces deux là sont ravis de jouer aux cowboys mal rasés. Le compositeur Daniele Luppi va jusqu'à retrouver des musiciens qui ont travaillé avec le maitre italien, roi de la bande originale. Bien entendu tout ce petit monde s'enferme dans les fameux Forum studios d'où sont sorties de nombreuses musiques de films cultes.

Il y a donc dans leurs chansons, des guitares qui couinent, des voix évanescentes, des chanteurs qui s'imaginent dans le grand Ouest américain. C'est parfaitement exécuté. C'est plus vrai que nature. Mais ca ne décolle pas non plus. Les deux hommes rassemblent tous les tics de Morricone et n'arrivent jamais à surprendre avec. Le disque est sûrement  trop respectueux.

Norah Jones et Jack White font le boulot. Les instrumentaux sont un peu courts pour donner du volume à l'ensemble. En cinq ans, les deux amis se sont envoyés des cartes postales typiques du genre et cela fait un peu léger au final. On aurait préféré une correspondance sonore un peu plus fourni.

Il ne faut pas bouder non plus ce disque exotique, fin et ravissant. Il confirme l'ouverture d'esprit de Danger Mouse mais la surprise n'est pas en rendez vous. Une petite déception mais un album très agréable. Drôle de paradoxe!



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 15/07/2011