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Vendredi 25 Mai 2012Musique

 Rockferry

Rockferry

. DUFFY

(AZ - 2008)

Et ta critique ?




Des violons, des guitares, une voix mise en avant et une émotion qui ne se décrète et ne s’invente pas. Mesdames-Messieurs, voilà Duffy, la tueuses des vampires inaudibles.


Un grand sage, un jour, a dit qu’il ne voyait plus l’intérêt d’acheter les albums de musique qui sortaient dans les rayons nouveauté de telle ou telle grande enseigne culturelle. Il ne voyait plus l’intérêt car sur la plupart des albums, sur les 10 ou 12 titres, deux au maximum étaient écoutables, le reste étant du remplissage.

Ce grand sage n’avait pas tort et sa pensée permet de mettre en perspective le premier album de Duffy (Aimée Marie pour ses prénoms), une jeune Galloise blonde de 23 ans au timbre de voix tellurique.

Certes, on peut être agacé par le fait que Duffy comme Adele nous sont vendues comme les nouvelles sensations anglaises du moment, celles qui vont enterrer le souvenir d’Amy Winehouse. Duffy est en tête des ventes d’album en Grande-Bretagne et avant d’écouter son disque, on subit la pub qui la promeut, ce qui peut en dégouter.

Mais voilà, la voix du Duffy est de celles qui font fondre les banquises et les cœurs les plus rétifs. C’est une voix qui sort de nulle part et vient des temps les plus éloignés. Elle est d’autant plus profonde qu’elle est mise en valeur par la production nickel de l’album.

Bernard Butler du défunt groupe Suede produit la moitié des titres. Et retrouve l’alchimie qui a permis à Phil Spector d’inventer the wall of sound (le mur du son). Tout au long des chansons, nous sommes plongés dans un bain moussant aux bulles années 1960.

Le grand sage du premier paragraphe appréciera le fait qu’aucune des chansons n’est à jeter. Elles ont toutes un je-ne-sais-quoi qui les introduit dans le pavillon auditif et nous permet de s’en souvenir, encore et encore comme dirait Cabrel.

La chanson Mercy est un hit abrasif qu’on retient du premier coup mais Distant dreamer est une merveille incomparable qui convoque les fantômes des Shirelles, des Supremes, ces groupes de femmes qu’incarne à elle-seule Duffy. Distant dreamer est un titre qu’on a envie de passer dix fois d’affilée en mangeant du chocolat et en se demandant pourquoi il ou elle est partie et si il ou elle nous téléphonera un jour pour savoir si tout va bien ou si tout va mal.

Bref, Duffy est une chanteuse qui va accompagner nos vies en espérant qu’elle ne tombe ni dans la redite, ni dans la soupe. Car ils sont nombreux les dangers qui guettent les jeunes pousses. Le dur désir de durer implique qu’on gère sa carrière comme une course d’obstacles.

Souhaitons que Duffy nous éblouisse dans les années qui viennent…





Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 29/04/2008