"Les Wampas n'aiment pas Kyo. Les Wampas n’aiment pas la variété pourrie !"...
Victoires de la Musique 2004 . Le leader des Wampas - nominés dans la catégorie Révélation de l’année, alors qu’ils ont 20 ans de tournées et une dizaine d’albums au compteur ! - fait irruption et sidère d’entrée les gentils téléspectateurs - qui viennent d’élire les insipides Kyo - avant de balancer un set totalement destroy.
Un pur et dur ce Didier Wampas. Né Chappedelaine - c’est sûr, ça fait pas très punk - en 1962, c’est à une tribu d’hommes préhistoriques dans Rahan qu’il emprunte son pseudo. Wampas. C’était en 1983. Au temps de l’émergence du mouvement punk rock alternatif français, Satellites, Bérus, Mano, Parabellum…
Sauf que le Wampa, lui, il est toujours là. Fidèle à ses convictions ("Le rock, c’est tout à fond"), il a survécu aux turbulences. Car lui, la musique, il l’aborde comme une passion et non comme un métier. Père de famille, conducteur de métro à la RATP, Didier continue de se trouver étonné qu’on lui donne des sous pour s’éclater sur scène et faire des disques. Et quand il doit partir en tournée, il prend sur ses congés. C’est clair, c’est simple et ça prend pas la tête. Quant au groupe, vaudrait mieux en parler au pluriel, tant le turnover en son sein fut intense . Disons que Les Wampas, c’est Didier, avec des potes musicos autour. Basse-guitare-batterie, bien sûr. Pas de fioriture. Du vrai. Du dur.
Revenus bruyamment sur le devant de la scène en 2003 avec un album jubilatoire, tiré par le gros tube Manu Chao (près de 100 000 ex.) et une série de concerts complètement débridés, Les Wampas sont dorénavant bien en vue ; un véritable phénomène capable de remplir un Zénith ou de mettre en transe collective 80 000 pékins aux Vieilles Charrues ou même au Stade de France. On appelle ça le succès.
En 2006, ce nouvel album sort, accompagné d’une ridicule polémique autour d’un morceau intitulé Chirac en prison… et dont la seule provocation réside dans le titre ; car le morceau, lui, est très rigolo et surtout pas "politique". Et pourtant… Il y a eu ceux - généralement à droite - qui se sont solennellement insurgés. Il y a eu ceux - généralement à gauche - qui ont religieusement applaudi. Il y a eu les télés (Canal+ notamment) et les radios qui ont immédiatement censuré. Et il y a moi qui dis : tous des abrutis ! Rien qu’une gentille déconnade de sale gamin ; avec un riff d’enfer, en plus. Car la méchanceté est inexistante chez Les Wampas. La malice, la naïveté, l’absurdité, la poésie (oui-oui, la poésie), l’humour, le délire, la folie : oui. Mais les messages cachés et les examens de conscience : jamais. Et c’est bien ça qui leur donne ce petit goût frais, tellement rare dans le milieu punk rock à la française.
Vachement enlevé, doté d’un son extra, de textes prétextes, "Rock’n’roll part 9" tonne, étonne et fait plaisir. On hoche la tête, on tape du pied, sourire entendu aux lèvres. D’emblée, sans analyse, sans chercher midi à quatorze heure ; parce que c’est pas sérieux. Et c’est ça qui fait du bien. Les Wampas ne se prennent pas au sérieux ; ils s’amusent ; et c’est en ça qu’ils sont épatants. Et c’est pour ça qu’ils sont si attachants.
Aujourd’hui, plus que jamais, on a besoin d’écouter (et de voir) les Wampas.