Ahahahahah ! Vous vous attendiez tous cette semaine à ce que je défonce la tête du nouveau Petit Journal de Canal +?
Mais non, j’ai trop de respect wesh wesh sa mère pour Yann Barthès pour ne pas lui laisser une chance en 2eme semaine mais, c’est promis, si ça ne s’améliore pas, je chroniquerai de façon acide sur le sujet semaine prochaine.
Ahahahahaha ! d’autres s’attendaient à ce que j’aiguise ma plume (voire mon clavier, c’est plus pratique) sur le très pathétique Christian Jean-Pierre à l’occasion du Albanie-France de ce soir (eh oui, nous sommes vendredi, je dois l’avouer, cette chronique n’est pas en direct, nous enregistrons le vendredi soir), et bien non ! je me garde Christian sous le coude.
Non, que nenni, nous sommes dans la rubrique Art-Scène et, une fois n’est pas coutume, je vais chroniquer de l’art et du spectacle : Rock en Seine 2011 et vous en livrer MON bilan.
Comme tout bon festivalier, tu te prépares de bonne heure le matin. Tu regardes la météo, même si ce n’est pas dans ta religion, t’habilles en conséquence (vieilles Adidas, Vieux Jean’s, vieux sweet à capuche pour faire cool), tu n’égalises pas la barbe, tu ne te laves pas (ça sert à rien, tout le monde pu au bout d’une heure), t’as une pensée pour Tata Christie qu’a fait Woodstock, tu préviens la baby-sitter qu’elle va se taper un marathon de garde d’enfants et que tu rentreras sur les coups de 2h du mat’ et que tu sentiras la bière ! Oui, nous y reviendrons, mais en festival, globalement, tu bois de la bière, c’est ça qu’est cool !
Sur les coups de 15h, tu grimpes dans la bagnole de ton pote Stéphane qui non seulement t’as invité en VIP et en plus t’emmène en bagnole, respect wesh wesh sa mère. Ton pote Stéphane, c’est un peu comme Michel Drucker pour les mecs de la télé, quand tu arrives en VIP à Rock en Seine tu demandes à n’importe qui « par qui t’es parrainé pour être en VIP », il te répond « Bah ! par Stéphane ! ».
Quand t’arrives à bon port, t’as déjà envie de pisser, tu pues déjà un peu, il commence à flotter, tu piétines déjà dans la gadoue, tu demandes fatalement « et toi tu te fais quoi toi, hein, tu te fais quoi comme concert !? hein », tu t’armes de mini programme de poche et tu balises ton plan. 1. Je vais me taper les Hushpuppies, 2. Je vais me traverser le parc (5 bornes aller-retour) et aller voir Cocorosie, 3. Faut pas que je loupe The Wombats, 4. Oh putain y’a Keren Ann à la même heure, 5. Ah mais merde j’vais être trop court pour aller voir Sexy Sushi alors que pourtant j’aimerais bien les voir, 6. Ca va pas le faire si je veux me faire un coup d’Artic Monkeys, 7. Entre temps, j’aurai eu envie d’uriner 6 fois, car j’aurai bu de la bière 8 fois, que j’aurai croisé 25 potes et que je n’aurai même pas pris le temps de bouffer.
Oui, en bon festivalier, il ne faut pas avoir peur de 3 trucs : te taper 25 km dans la boue, accepter toutes les bières que l’on te propose, faire une croix sur ta pudeur de part le fait de pisser à la vue de tout le monde, y compris de Philippe Manœuvre, de Jack Lang ou de Jean-Paul Huchon ou de Julien Dray, oui, globalement Rock en Seine est plutôt à gauche, de là à te faire tatouer une rose sur le zob au cas où Ségolène se pointerait te voir uriner, il n’y a qu’un pas.
Et le programme dans tout ça ? Du beau monde, du lourd, du conséquent, ça pour être gâté, on a été gâté. Du Foo Fighters, du BB Brunes, du Archive, du The Streets…seule déception mais comme chaque année depuis 2008, Amy Winehouse a encore fait faux bond…va peut-être falloir arrêter de l’inviter, elle vient jamais et tout le monde est frustré ! Merci bien ! (hein, quoi, j’ai dit une connerie ? Non, vraiment, j’vois pas).
Ah, autre sport national sur Rock en Seine de part l’immensité du site : le SMS de positionnement pour retrouver les copains. Message type à préparer de bon matin dans ton Black Berry « t’es où ? Quand est-ce que tu veux boire une binouz avec nous ? ». Réponse en général « j’suis devant la scène de la cascade ». Toi : « oui, ok, mais où ». Ton pote « à droite d’la régie ». Toi « ok t’ sympa mais c’est juste énorme ». Ton pote « tu me fais ch***, on se voit en VIP après la fin des BB Brunes ». Toi « ok, à tout’ ». Le tout envoyé juste 25 fois dans l’après-midi pour au final, traîner toujours avec la même bande façon on ne se lâche plus car sinon on va se paumer.
Autre point avant Rock en Seine, s’entraîner en amont à hurler une réponse type mais toujours la même « ouuuuuuuuiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!! »…la question étant « ça va Paaaarriissss ? », vous l’aurez deviné de vous-même.
Bref, après avoir été super emballé par les Huspuppies, agréablement surpris par les BB Brunes (à part leur espèce de naze de guitariste à la chevelure blond-platine façon Danielle Gilbert), complètement abruti par Cocorosie (franchement voix de canard électro qui aurait pris de l’ecta) et plutôt dans la bonne vibe avec Blonde RedHead (un nom de groupe sans nul doute en hommage au futur enfant de Larousso et de François Valéry), me voilà à retrouver Brice, Béa, le sosie de Benoît Poolevorde, Momo, Géraldine et j’en passe et des meilleur(e)s.
Là, en fait, il est déjà 20h15, t’en as déjà plein les pattes, ta dulcinée a envie de se poser et, après ton 28ème SMS « et toi t’es où » reçu, tu réponds sympathiquement «ta gueule, je bois une bière »…oui à la 8ème t’es fatalement moins diplomate. Tu décides donc de faire une pause et d’entamer un chemin de croix vers le resto du VIP…3h de queue, pas assez de tables, il pleut, tu pues définitivement, t’as faim, t’as l’impression de revenir jet lag de Katmandou. Tu arrives par un tour de passe-passe (merci Brice) à t’attabler, tu te marres et tu bois du Bordeaux vachement cher et en fait…tu loupes tout le reste des concerts parce que t’as la flemme. Il est 23h30, tu vas délirer 40 minutes au milieu des d’jeunes défoncés au vodka-red bull sur du Etienne de Crecy, t’as plus de jambes.
Dernier SMS « on se rentre ? », réponse de Stéphane « Yes ».
Tu rentres, tu te couches, t’es mort…et Amy Winehouse n’a toujours pas donné de nouvelles, ça craint, mais vivement l’année prochaine.
Estebanr
© Etat-critique.com - 05/09/2011