Dans la lignée d’un American Pie, Road Trip est un voyage dans la vulgarité et au glandage absolu avec son lot de blagues vaseuses, de situations salaces et de nudité. Que demander de plus pour notre périple en dvd, à base de navet estival et folklorique?
Imaginez la pire université de tous les Etats-Unis. Imaginez maintenant la bande de copains la plus débile depuis la création (la septième compagnie exclue). Vous n’aurez alors qu’un aperçu partiel de l’ambiance de ce nanar en puissance. Ajoutez un artifice scénaristique (comme la récupération d’une cassette vidéo à charge à l’autre bout du pays) pour justifier un enchaînement éhonté de situations grotesques. Vous obtiendrez Road Trip, une ode à l’adolescence américaine entre sexe, mensonges et consternation.
C’est typiquement en face de ce genre de films que l’on s’interroge sur la vision du passage à l’âge adulte. Autant American Pie ajoutait une dimension humaine au délire générationnel, autant ce long-métrage se contente d’accumuler gags et filles dénudées en évacuant toute possibilité de morale ou d’introspection (à part anale).
Les films de ce genre ne sont pas connus pour leurs qualités (bien que certains peuvent se révéler être de bonnes surprises comme 100 Girls) et tout va bien tant que le spectateur reçoit son lot de contenu scatologico-décérébro-érotique. Il n’a pas de quoi être déçu dans ce road movie sans cervelle.
On pourra regretter, comme à l’accoutumée, l’incohérence de l’ensemble, la gratuité et la banalité de certaines scènes. Les personnages sont caricaturaux à souhait et il sera difficile, d’autant plus pour un public français, de retrouver des visages familiers dans cette galerie de pitres imbibés à la bière de supérette.
Malgré certaines scène mémorables, pas grand-chose à retenir de cette comédie qui se contente de suivre ses prédécesseurs sans innover ni dans la finesse et malheureusement pas dans le crade non plus (ce qui constitue pourtant le petit plaisir coupable de ces productions estivales à consommer sur place). Reste Tom Green, OVNI humoristique du Canada anglophone, qui provoque autant le rejet total que l’adhésion immédiate. A part ça, rien de nouveau sous le soleil. Il est temps désormais de s’attacher à des voyages plus exaltants.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 25/06/2007