Un pilote de chasse se retrouve prisonnier en plein Laos sauvage pendant la guerre du Vietnam. Herzog continue d'explorer la nature sauvage et offre un film atypique sur la survie.
Commencons par la performance: Christian Bale, comme dans Le machiniste, a réalisé un régime sévère et impressionne à l'écran: sa curer d'amaigrissement ne doit rien à des effets spéciaux. Le comédien a maigri pour suggérer le marasme physique du héros.
Ce héros se nomme Dieter. Sur son porte avion, il est un caïd de l'armée de l'air. Il bombarde les lignes arrières des Vietcongs au Laos. Il est sûr de sa force et pourtant dès que son avion se plante dans un champ de riz, le gaillard décampe la peur au ventre...
Abandonné en territoire ennemi, il ne tarde pas à être capturé et torturé. Il se retrouve avec quelques prisonniers et malgré le temps qui passe, il entretient l'espoir d'une possible évasion.
Werner Herzog aime les aventures périlleuses et les tournages qui se transforment en aventures de baroudeurs. On devine que Christian Bale et le casting ont souffert pour de vrai.
C'est ce qui rend aussi palpitant le cinéma de Werner Herzog. Aguirre, la colère de dieu, Fizcarraldo ou Cobra verde sont des films épiques parce que le cinéaste a tourné le film avec un goût pour la véracité qui ressemblait à des risques.
Rescue dawn n'est pas un énième film sur le Vietnam avec patriotisme ou révolte en bandouillère. C'est un manuel de survie en milieu très hostile.
Le cinéaste enferme le spectateur dans la solitude du pilote. Herzog ne ménage ni son acteur, ni le spectateur. Il s'intéresse à cet américain, convaincu de sa fuite mais profondément amoché par ses ennemis puis par la nature.
On devine ce qui a intéressé l'auteur de nombreux documentaires. Herzog a une façon radicale de filmer la forêt qui n'est jamais un paysage neutre. Il s'interroge une fois de plus sur l'état de nature et cela transforme le film de guerre en conte cruel mais philosophique.
Il y a bien entendu quelques longueurs mais Rescue dawn surprend par ses partis pris que l'on avait un peu oublié. Pas étonnant que le film n'est pas marché sur les Américains. Il ne caresse vraiment pas dans le sens du poil. Franchement c'est tant mieux!
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 02/06/2008