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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Réincarnation

Réincarnation

Takashi SHIMIZU

Avec Yûka, Karina, Kippei Shiina et Tetta Sugimoto Metropolitan filmexport – 5 septembre 2007 – 1h36

Et ta critique ?




Les fantômes font du cinéma. C’est en gros le concept de Réincarnation, film d’épouvante japonais. Sur un principe surexploité, Takashi Shimizu réussit à mettre sous tension le spectateur et à suggérer des idées pas si idiotes sur son genre de prédilection. Intéressant.


Au début les fantômes faisaient de la vidéo (The ring). Comme cela a marché, ils ont fait plein de trucs. Ils se sont cachés dans les placards (The grudge). Ils ont fait de l’apnée (Dark water). Ils ont répondu au téléphone (La mort en ligne) et ils sont devenus le symbole du renouveau de l’angoisse made in Japan. Même les Américains se sont servis d’eux pour se faire quelques dollars en plus.

On les voit partout au point que désormais, ils ne fassent plus peur avec leurs gros yeux noirs, leurs cheveux sales et les drôles de bruit qu’ils produisent. Dans les premières minutes de Réincarnation, ils font plutôt sourire à se promener derrière les protagonistes, se cacher dans le métro ou faire des grimaces à travers le judas de la porte.

Cependant le réalisateur Takashi Shimizu n’est pas un novice en matière de revenant. Il est l’initiateur de la longue saga The grudge.  Au début, il semble encore pressé sur le concept jusqu’au ridicule puis il lui vient une bonne idée : et si les fantômes jouaient dans un film?

Nagisa est toute heureuse : elle va jouer dans un film d’horreur inspiré d’un fait réel. Il y a 35 ans, un prof a tué toute sa famille et onze personnes présentes dans un hôtel. Contente, elle déchante rapidement puisqu’elle a des visions étranges où le réel se mélange avec le monde des esprits. Les fantômes ne semblent pas ravis que l’on ressuscite leur mort.

Réincarnation est un film d’horreur bouddhique donc il n’y a pas d’enfer ou de purgatoire : il y a un monde spirituel où les esprits peuvent être en colère contre quelques humains. En adaptant pour le cinéma un sinistre assassinat, le réalisateur du film réveille des fantômes énervés.

Takashi Shimizu se laisse aller à une amusante mise en abyme sur le cinéma d’horreur. Il explique au combien le fantastique s’inspire de la réalité, pour mieux la comprendre et l’analyser. Le mystère ésotérique se révèle grâce à une vieille pellicule 8 mm. La fiction éclaire sur la vérité. Takashi Shimizu se livre à une réflexion étrange, un peu éclatée, sur son cinéma.

En tout cas, cela a le mérite de renouveler un peu l’intérêt sur le genre, moribond depuis quelques temps. Le cinéaste sans réussir à nous faire sursauter, réussit à maintenir un suspense, où la menace rode dans chaque plan. Il n’arrive pas complètement à surprendre, mais il assure le spectacle sans nous convaincre de la valeur du concept. Car le pire pourrait encore venir : Les fantômes font l’Espagne, les fantômes mousquetaires ou les fantômes en délire… Ca, cela fait frissonner !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 07/09/2007