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Jeudi 24 Mai 2012Art-scène

 Raymonda

Raymonda

Rudolf NOUREEV et Marius PETIPA

Ballet en trois actes Sujet de Lydia Pachkoff et Marius Petipa Musique : Alexandre Glazounov Palais Garnier Diffusion sur France 3 le 25 décembre à 15h

Et ta critique ?




Raymonda : un ballet pharaonique !


Rudolf Noureev a su merveilleusement exploiter sa parfaite connaissance de la mécanique corporelle pour monter des ballets extrêmement techniques et précis. Il a également contribué à mettre les danseurs sur le devant de la scène, eux qui étaient auparavant trop souvent cantonnés à un rôle de porteur d’étoiles.

Raymonda ne fait pas exception à la règle : la danse la plus exigeante s’exprime mais l’on regrette qu’elle soit comme noyée dans une mise en scène si riche qu’elle en devient presque asphyxiante. Le corps de ballet est tellement imposant que la scène de l’Opéra de Paris semble parfois trop exigüe pour accueillir tous les danseurs, à tel point qu’on ne distingue parfois plus grand-chose dans ce méli-mélo humain.
Bien sûr, ces moments collectifs laissent aussi la place à de très beaux soli d’une complexité qui force le respect ; mais l’on est tout-de-même un peu gêné par le fait que le corps de ballet et les figurants assistent statiquement aux prouesses des étoiles. On regrette aussi que les solistes viennent systématiquement faire une révérence et chercher les applaudissements après chaque tour de force.

Raymonda est un ballet classique dans tout ce que cela peut avoir de féérique. Noureev a manifestement tenu à nous faire vivre un conte de fées, à grand renfort de tentures pourpre et or et de robes de princesse. Il alterne les moments de danse classique « pure » avec des danses folkloriques et des scènes d’action mimées (j’ai horreur du mime !).

Raymonda fait rêver les petites filles (qui esquissent quelques pas de danse lors des deux entractes de ce spectacle de 2h30) et attendrit les parents (les trois petits garçons qui apparaissent comme figurants sont là pour ça…).

La scène du rêve fait cependant exception. Elle est à mon sens la plus belle de ce ballet, sans doute parce qu’elle est la plus épurée. La foule des danseurs et des figurants a déserté la scène, les grandes lumières sont éteintes et l’on peut enfin se focaliser sur la danse elle-même et sur la Dame Blanche (Sarah Kora Dayanova) qui est magnifiquement portée, contrainte et comme crucifiée par Abderam (Karl Paquette) et son complice.

Pour le reste, la féérie est présente. Elle est même débordante, voire dégoulinante !


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 21/12/2008