Le Théâtre de la Ville se lève pour James Thierrée !
La scène est parée de draps immenses, sorte de cabane qu’un enfant aurait dressée dans sa chambre pour figurer les voiles d’un galion imaginaire. Puis, tout bouge, tout se transforme. Et tout continuera de se métamorphoser ainsi pendant la durée du spectacle.
Le(s) voile(s) se lève(nt) et révèle(nt) la paillote où est retranché Raoul. Il est tranquillement assis dans son fauteuil et manifestement décidé à n’en pas bouger. Mais Raoul est assailli par son double, un autre-moi qui lui tourne autour et le dérange pour le forcer à (se) bouger.
James Thierrée nous invite à bousculer notre univers et à affronter la ménagerie inquiétante de nos fantasmes phobiques pour mordre la vie à pleines dents.
James Thierrée nous convie à une grande aventure imaginaire et immobile, une épopée qui défie les éléments et la rationalité. Rien n’a de sens, tout est en perpétuel mouvement et chaque élément de décor recèle de surprises inattendues.
La performance de James Thierrée emprunte volontiers à plusieurs disciplines : danse de rue, acrobatisme, mime, cirque… Il n’y a donc rien de fondamentalement nouveau dans ce spectacle qui rappelle l’art de rue.
Pourtant, l’art de James Thierrée a une originalité propre, et ses spectacles nous font entrer dans un univers personnel et reconnaissable. Il y a une marque de fabrique Thierrée, une personnalité où l’on sent la patte de Victoria Chaplin-Thierrée, la mère de James (et fille de Charles Chaplin) qui signe les costumes et l’impressionnant bestiaire.
La magie opère peut-être moins qu’auparavant (est-ce parce que je me familiarise avec l’univers thierréen ? ou parce qu’il abuse légèrement des ralentis façon smurf ?). Toujours est-il que le spectacle a des qualités indéniables. L’omniprésence de l’inventivité, de l’humour et la sensibilité touchante sont les ingrédients de ce spectacle qui conquiert le public exigeant du Théâtre de la Ville, au point qu’il se termine en standing ovation, comme cela avait déjà été le cas pour son précédent spectacle : Au revoir parapluie.
http://www.theatredelaville-paris.com/spectacle-james-thierree-147
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 22/12/2009