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Jeudi 24 Mai 2012Musique

 Ram

Ram

Paul MC CARTNEY

(EMI - 1971)

Et ta critique ?




Bien que raillé à sa sortie par la presse rock, Ram fait figure aujourd’hui de pierre angulaire pour toute discothèque pop digne de ce nom.


Sorti la même année que l’album "Imagine" de John Lennon, "Ram" a pendant longtemps été considéré comme l’illustration du pire de la pop (magazine Rolling Stones), le sommet de la "traversée du désert" artistique et commerciale de Paul McCartney (dixit François Jouffa)*. Pourtant, sans être un chef d’œuvre oublié, Ram demeure à ce jour un des albums les plus ambitieux dans la carrière solo d’un ancien Beatle. 

Démoralisé et dégoûté par la triste fin de son groupe de lycée, avec les membres duquel il était entré en conflit (voir les fameux scarabées qui se disputent sur la pochette), méprisé par une presse rock qui fustigeait ce qu’elle avait pourtant aimé en lui la veille (son talent mélodique, sa voix de miel, ses lignes de basse magiques, ses arpèges gracieux et délicats), c’est à New York, loin du tumulte de Londres, accompagné d’une formation restreinte de musiciens (comme Denny Seiwell et David Spinozza) et de sa femme Linda, que Paul McCartney part enregistrer "Ram".

Assurant lui-même la production, McCartney parvient, en opérant un savant métissage entre ses influences californiennes et les préceptes qui lui ont été enseignés durant ses années au sein des Beatles, à créer un album rempli de cascades mélodiques et harmoniques, de structures patchworks, et d’arrangements malicieux.

Résultat, un album somptueux, tout juste alourdi par les harmonies vocales de Linda, ici plus Américaine que jamais et qui, mixées un peu trop en avant, finissent par fatiguer sur la fin du disque (écoutez son accent sur Long haired Lady).

Côté classiques, on retiendra le "trio" magique : Ram on, Dear boy, Uncle Albert/Admiral Halsey (n° 1 aux Etats-Unis). D’autres chansons comme l’évident Heart of the country, l’incroyable Monkberry moon delight ou le magnifique final The back seat of my car, se savourent sans fin.

À noter que deux excellents morceaux sont glissés en bonus. Le premier, Another day est une chanson sombre et inhabituellement triste dans le répertoire de McCartney. Tandis que le second, Oh Woman, oh why est une chanson où la voix de Paul excelle une fois de plus.


* L’album fut pourtant n° 1 en Angleterre et n° 2 aux Etats-Unis à sa sortie...


Guillaume Lebouis

© Etat-critique.com - 08/03/2009