RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Jeudi 24 Mai 2012Art-scène

 RUY BLAS

RUY BLAS

Victor HUGO et Christian SCHIARETTI

Théâtre Les Gémeaux, Sceaux

Et ta critique ?




Hugo par Schiaretti ou l’art de tenir le spectateur en éveil.


Le Ruy Blas de Schiaretti est une bonne pièce. Avec plus de trois heures de texte et un entracte au milieu on pourrait s’y ennuyer mais non. Avec une diction remarquable, les comédiens tiennent le spectateur en haleine sur un texte d’Hugo qui n’a pas pris une ride. La pièce démontre que l’écriture du maître traverse le temps avec une étonnante modernité.

La scénographie de Rudy Sabounghi et de Fanny Gamet propose des volumes majestueux mis en perspective par de gigantesques azulejos bleus qui s’articulent entre eux pour donner une géométrie variable d’où surgissent des personnages plus ou moins marquants.

Les costumes de Thibault Welchin donnent à l’ensemble une unité de ton, littérale. Pas d’ambiguïté nous changeons d’époque. Le jeu est en revanche plus contrasté et inégal. Les personnalités des comédiens s’expriment parfois largement au-delà des rôles. Jerôme Kircher en Don César s’amuse et prend le temps de bouffonner en sortant du texte – « Wow… » « Bien… » ! Un joli parti pris qui donne des apparences de comédie. Robin Renucci, avec une voix peut-être excessive, prend le temps de composer un Don Salluste sombre et cohérent, luciférien et machiavéliquement juste dans l’acte III.  Il tient une bonne partie de la pièce à lui tout seul, aidé par un Roland Monod, en Don Guritan, tout simplement beau. Le temps a passé, mais la présence du comédien est d’une bienveillante fantaisie et d’une sérieuse drôlerie. Le blanc immaculé lui va à merveille. Une classe de grand Seigneur du Théâtre.

Le bémol est pour Ruy Blas joué par un Nicolas Gonzales qui bascule trop souvent dans le cri pour être sincère et tragique. L’orgueil semble souvent s’emparer du jeune comédien manquant de recul et d’écoute, confondant noblesse et fierté. On ne parvient pas à vibrer avec la jeunesse de ses sentiments. Ruy Blas prend alors des airs de Fanfan la Tulipe avec un jeu tout en énergie loin de l’originel Gérard Philipe, à l’aube du TNP de 1954. Si le clin d’œil est sympathique, le jeu manque de vraisemblance et de rêverie. Dommage.

La pièce est cependant à voir. Pour la beauté du texte. Pour l’ensemble, résultat d’un travail d’équipe important, respectueux d’un Hugo à la portée de tous, même en vers. L'objectif est atteint. 


Courteligne

© Etat-critique.com - 18/01/2012