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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Quantum of solace

Quantum of solace

Marc FOSTER

Avec Daniel Craig, Judi Dench, Mathieu Almaric et Olga Kurylenko - MGM - 31 octobre 2008 - 1h45

Et ta critique ?




Après l’excellent Casino Royale, la cuvée 2008 de 007 a du mal à convaincre.


Quantum of Solace est un film d’action. Ca va vite, très vite, trop vite. A tel point qu’on ne distingue plus rien dès qu’il se passe quelque chose !
Ainsi, la course-poursuite en voiture qui fait l’ouverture du film n'inspire vraiment pas grand chose, faute d’y voir quoi que ce soit! Les cascades en bateau sont, elles-aussi, un peu floues et donnent le mal de mer.

Heureusement, entre deux scènes d’action ultra speedées, il y a le Bond/Craig qu’on aime, celui qui promène son regard bleu acier désabusé sur la vie (et la mort, car il ne se gêne pas pour utiliser sa « licence to kill »). Daniel Craig incarne un très bon Bond et offre au personnage une profondeur parfois effrayante.

Craig a la placidité glaçante d’un Poutine, doublée de la plastique bodybuildée - mais néanmoins parfaite – d’un Vigo Mortensen dans les Promesses de l’Ombre. On regrette que le film ne prenne pas plus le temps de se poser.

Les personnages secondaires sont vraiment au deuxième plan. Ils ne font pas tout à fait le poids face à Craig. La James Bond girl est assez fade, le grand méchant Amalric un peu poussif, et les hommes de mains et autres dictateurs d’opérette franchement caricaturaux. C’est la franchise Bond qui veut ça, me direz-vous.

Certes. C’est d’ailleurs peut-être pour ça que Casino Royale, qui avait su s’affranchir des passages obligatoires, était si bon. (Là où cet opus n’est que satisfaisant.) Et puis, si l’on respecte la licence Bond, pourquoi il n’y a aucun gadget, hein ?

Le film se voudrait tellement dans la continuité de Casino Royale que les scénaristes ne cessent de s'y référer, réutilisant des personnages et mêlant cette intrigue à la précédente (Bond veut venger la mort de la dernière James Bond Girl).

A croire que les auteurs s’imaginent qu’on a que ça à faire de retenir par cœur de l’épisode précédent ! Ils doivent imaginer qu'on a un cerveau d'éléphant, quand on n'a qu'une mémoire de poisson rouge. Par exemple, au début du film, M. dit quelque chose à Bond à propos de quelqu’un (non je ne vous dirais pas de qui il s'agit, je ménage le suspens).
Or, à la fin, Bond lui dit « vous aviez raison (ou tort, je ne sais plus, là encore je ménage le suspens) » ; sauf qu’entre-temps, j'ai complètement oublié ce qu’elle lui avait dit au début...

Bon, il ne me reste plus qu’à aller revoir le film.


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 04/11/2008