Panique au ministère. Blain et son scénariste racontent les coulisses de la politique étrangère. Toute ressemblance avec des personnes connues est bien entendu voulue !
Le jeune et ambitieux Arthur Vlaminck est embauché au Quai d’Orsay comme un proche conseiller du ministre Alexandre Taillard de Worms. Ce dernier lui a donné la responsabilité du « langage ». Il doit écrire les discours du politicien.
Il découvre alors que ce n’est pas facile de travailler avec un Républicain qui rêve de faire pleurer le monde entier dans les conférences internationales. Il va être emporter dans un tourbillon fait de relectures acharnées, de coups bas et nuits blanches.
Taillard de Worms est une force de la nature qui se sent investi d’une mission. Parce qu’il connaît quelques philosophes arrivistes, il veut toujours que ses textes soient corrigés. Il rêve d’imposer des concepts de politique, de conscience et de vie !
Il parle. Il gesticule. Il s’emporte. Il taquine. Il fatigue son entourage. Il impressionne le jeune Arthur qui se laisse avoir par ce grand cirque politique. Malgré les remarques cruelles de sa petite amie délaissée, il se prend au jeu. Et nous aussi.
Car Christophe Blain ne manque pas d’humour pour croquer la vie d’un ministère. Son dessin rapide, précis et gentiment caricatural (Taillard de Worms ressemble à Villepin ou Chirac) se fait cruel. Une vacuité émane l’air de rien des mésaventures de ces politiciens discrets.
On critique beaucoup nos politiciens dernièrement en s’intéressant à leurs comptes, cette première Chronique Diplomatique a le grand mérite de proposer une vision un peu différente et artistique. La bédé s’approprie un domaine qu’on lui prête rarement. La politique semble mériter un peu plus que les caricatures dans les journaux. La fiction s’impose comme un bel exemple de débat et d’interrogations. Utile !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 21/07/2010