RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Jeudi 24 Mai 2012Livre

 Pyongyang

Pyongyang

Guy DELISLE

176 pages – L’association – 2003

Et ta critique ?




Un regard décapant et attachant sur l'une des dernières dictatures communistes au monde : la Corée du Nord.


Il vient de rendre compte de son passage en Birmanie. Il a commencé par la Chine mais franchement aucun de ces voyages ne vaut celui qui a embarqué Guy Delisle dans le pays le plus fermé du Monde. Une œuvre libératrice !

Guy Delisle supervise des dessins animés. Globalisation oblige, le canadien francophone doit partir en Corée du nord pour suivre une équipe de dessinateurs locaux. Bien entendu, il va découvrir un pays à la ramasse, aux mœurs pour le moins étonnantes.

Guy Delisle ne dénonce jamais. Ce type ne cherche pas à démontrer ce que l’on sait déjà sur la patrie de Kim Il-Sun. A chaque page, on le remercie de ne pas enfoncer des portes ouvertes ou jouer le journaliste investi d’une mission de révéler la vérité vraie sur la Corée du nord.

L’auteur se limite à son expérience. Il s’attarde sur presque 200 pages à décrire ses rencontres étranges et particulièrement exotiques. Sur les quelques mois qu’il passe dans la capitale de la dictature coréenne, le héros va tromper l’ennui en taquinant son traducteur, robot au service de la glorieuse et résistante Corée.

C’est la seule véritable attraction proposée à l’occidental. Le reste du temps, il est éloigné de la société et il suit le week end des Coréens qui lui présentent différents palais qui célèbrent les dirigeants ou le peuple.

Bien entendu, Guy Delisle comprend les dangers d’une telle société mais il ne froisse personne. Lui aussi se limite à son boulot. Son humour est froid et très bien rendu par des dessins épurés qui vont à l’essentiel, qui trouvent un écho dans cette société collectiviste, sans âme et paranoïaque.

Delisle taquine mais se réserve toute critique derrière un humour cynique qui le protège de toutes les horreurs qu’ils découvrent. Au cœur d’une dictature, il se résigne mais résiste avec politesse et intelligence. De toute façon, il est totalement isolé : il ne verra quasiment jamais les dessinateurs qu’ils emploient !

Le dessinateur observe avec finesse l’aliénation. Il n’a pas peur de se moquer de lui mais froidement montre l’insondable folie qui hante la Corée du Nord. On s’amuse mais surtout on vibre devant le regard ironique de ce petit superviseur de rien du tout face à une machine communiste et kafkaïenne.

Le dessin est simple mais profond. Le discours aussi. Cela ne donne pas envie d’y aller mais Pongyang nous éloigne de tous les clichés autour de la dernière dictature soviétique. Epatant !


Joel Fomperie

© Etat-critique.com - 26/01/2008