Non, Pur week end n'est pas un nouveau film choral. C'est un film sur une bande de pôtes, plus ou moins convenables. Le film suit une longue liste d'illustres comédies sur l'amitié et les vacances. Hélas, cette randonnée improvisée manque cruellement de souffle.
C'est une histoire comme le cinéma français les aime: une réunion d'amis bien soudés depuis leurs jeunes années se retrouve pour une occasion un peu spécial. Ici, il s'agit de David, un taulard qui a droit une permission et qui se prépare une balade en montagne avec ses inséparables copains et copines.
La vie n'est pas rose pour David qui ne veut pas retourner en prison et veut se faire la belle à travers les champs et les Alpes pour rejoindre l'Italie. Quiproquos et malentendus entraînent tous les camarades dans les embrouilles.
Très vite, ils sont recherchés et les règlements de compte ne tardent pas à éclater entre les un(e)s et les autres. Du quadra sympa au thésard timide en passant par l'entrepreneur branleur, les meilleurs amis du monde sont assez caricaturaux. Heureusement les acteurs sont attachants: Kad Merad a tout pour devenir le nouveau Bourvil. Sa tête de monsieur tout le monde est vraiment un chouette spectacle à part entière.
C'est alors que l'on regrette encore plus que Pur week end ne s'enfuit pas des sentiers battus. Malgré la galerie de personnages, le scénario est d'une mollesse tout à fait regrettable pour un film sur une randonnée rocambolesque.
Le réalisateur ne parvient pas à donner un rythme trépidant. Cette course poursuite est la plus lente du cinéma actuel. Bien entendu, il y a un ou deux plans des Alpes (merci au conseil général de la région et son office du tourisme) qui donnent le frisson; autrement c'est aussi exaltant qu'une pèlerinage de vieux pour Lourdes.
De plus le scénario se perd dans des intrigues un peu too much, envisageables uniquement dans une série policière du jeudi soir sur la une. On est loin des Randonneurs ou des premiers Bronzés, références obligatoires.
L'oxygène se fait rare dans Pur week end et en plus on est loin des sommets. Bizarre et décevante sensation!
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 03/05/2007