Nanars, chefs d'oeuvre, séries B, curiosités... Etat Critique vous offre une rétro de la décennie écoulée tout en dvd. On commence par la première claque de l'an 2000, au lendemain de la fête du nouveau millénaire!
On connaissait le potentiel du cinéaste, Hayao Miyazaki. Porco Rosso fut une véritable révélation pour les spectateurs français qui réduisaient bien souvent la japanimation à des batailles de robots et de crétins cosmiques.
L'auteur de Mon ami Totoro faisait donc enfin tomber les préjugés et cela s'est rapidement confirmé avec la sortie de Princesse Mononoke. Fable écologique, conte médieval, défi narratif, spectacle grandiose, cette fresque, quelques mois avant la trilogie de l'Anneau, donnait la part belle à l'héroic fantasy de la plus belle des manières.
En réalité le film permet à sa sortie d'identifier les obessions et les thèmes de Miyazaki. Bien entendu son souci pour l'écologie éclate dans cette grande épopée composé de toutes les mythologies japonaises, si exotiques et désormais graphiques.
L'imagination déborde dans tous les sens et entraîne le récit dans un déluge d'images déroutantes et fascinantes.
L'histoire, elle, surprend en fuyant tout manichéisme. De la pure fantasy sans prince noir, c'est nouveau. Et plaisant. En féminisant l'intrigue au maximum, Myazaki élimine tous les clichés et nous scotche littéralement devant un dessin animé d'une ampleur qui étonne à chaque vision.
Il faut aussi signaler l'osmose totale entre l'image et le son, superbe bande originale réalisée par le complice de toujours, Joe Hisaishi. Sensible et immersive, elle rythme parfaitement ce chef d'oeuvre qui faisait entrer le spectateur dans un nouvel âge: celui de l'animation comme véritable art adulte, cohérent et intelligent.
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Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 18/01/2009