Avec Robin Wright, Cary Elwes, Peter Falk et Mandy Pantinkin - 1987
Et ta critique ?
Comédie brillante et film débridé, Princess Bride est l'un des films les plus touchants des années 80. Il était (encore) une fois...
Rob Reiner a peut être compris que le mal des années 80 était le cynisme et l'immoralité. Reagan et Tatcher faisaient triompher le capitalisme le plus sauvage. Un peu de douceur dans ce monde de brutes ne peut pas faire du mal.
Après le bordélique Spinal Tap et le nostalgique Stand by Me, Rob Reiner imagine le plus tendre des films d'aventure. La raison de cette affection, c'est le cinéaste qui se met à la place d'un bon vieux grand père.
Il a la tête et la malice de Peter Falk. En face de lui, il y a un petit Américain, insensible, agaçant et cloué au fon de son lit. Papy décide donc de lui lire une histoire. Celle de Boucle d'or et de Westley, son valet. Ils finissent par tomber amoureux l'un de l'autre. Ce dernier part pour faire fortune. Boucle d'or pense qu'il est mort et accepte la proposition de mariage d'un prince maléfique.
Quelques jours avant la noce, elle est kidnappée par trois personnages étranges: un petit homme savant, une fine lame espagnole et un géant gentil. Ces derniers sont poursuivis par un homme masqué aux motivations mystérieuses...
C'est donc un joli conte de fée avec des nobles méchants, des créatures affables, des combats homériques et une jolie princesse qui veut juste aimer son prince de coeur! Comme le gamin malade, on trouverait cela écoeurant si ce n'était pas raconter avec un humour ravageur.
Le conte est parasité par la discussion entre le grand père et son petit fils. Le papy a de l'imagination à revendre. Il s'accommode des remarques du plus jeune et altère le récit plus que classique de Boucle d'or et son amour contrarié.
Les personnages, bons ou mauvais, oublient parfois leur époque médiévale pour des répliques très actuels. L'humour new-yorkais s'incruste à plusieurs reprises. Les scènes d'action sont d'une affectueuse moquerie (inoubliable combat à l'épée entre l'homme masqué et Inigo Montoya)
Le film s'amuse donc des conventions du genre. Un second degré s'incruste dans les cavalcades de Boucle d'Or dans son pays imaginaire et verdoyant. Plus que la caricature, c'est un moyen de célébrer le conte, le feuilleton, l'épopée.
Rob Reiner et le scénariste écrivain William Goldman sont des amoureux du film d'aventures et du merveilleux. Ils le défendent face au cynisme innocent du gamin rabougri. Cela donne un spectacle généreux (un peu cheap dans sa production) et d'une drôlerie éternelle.
Reiner rend inoubliable le moindre de ses personnages. Il mène sans temps mort son aventure naïve et révèle toutes ses vertus avec une verve exceptionnelle. C'est un film pour petits et grands enfants! A chaque vision on dit Merci. Notre âme d'enfant survit dans ce film, inaltérable appel à l'imagination, à l'amour, à l'humour et au rêve . As you wish...
Phrase culte: Mon nom est Inigo Montoya. Tu as tué mon père. Prépare toi à mourir!