Le cinéma américain continue de s’exiler sur le territoire africain. Après de nobles films comme Au nom de la liberté ou le pétaradant Blood diamond, la série B elle aussi profite des troubles du continent pour faire frémir le spectateur… Le frisson est hélas bien pauvre.
C’est une histoire vraie. Celle de Gustave. Celle du crocodile le plus grand de la planète, mesurant un peu plus de six mêtres et possédant un très gros appétit. Gustave barbote dans un lac du Burundi et fait peur à toute la population, possible déjeuner pour la bestiole.
L’existence de Gustave ne pouvait qu’intéresser Hollywood. Un croco mangeur d’hommes, voilà une belle idée de série B. Certes elle n’est pas nouvelle mais de toute façon, elle n’a pas donné de grands chefs d’œuvre. Sauf peut être Le crocodile de la mort (j’adore ce titre) et le grotesque Lake Placid.
Donc Gustave sera la star de ce film qui met en scène le héros de Prison Break, Dominic Purcell. Ce garçon est moins expressif que les effets spéciaux qui animent le caïman. Belle gueule et costaud, Purcell impressionne par son non-jeu. Une endive serait plus éloquente.
Cependant il est meilleur que le reste du casting avec une bimbo zoologiste (miam miam dit le croco et Dominic), une second couteau black et bavard, un gentil africain qui veut aller en Amérique, des méchants africains qui veulent découper tout le monde et le buriné Jurgen Prochnow (Das Boot) qui continue d’enfiler les nanars pour payer sa maison à Los Angeles ou Aix la Chapelle.
Primeval rejoint donc la liste des nombreux navets sur cet illustre animal aux crocs plutôt bien acérés. Le sous-titre français, Les dents de la mort prouve l’absence d’idée nouvelle sur l’approche. Le décor africain prend bien en compte les difficultés du Burundi mais s’en sert maladroitement.
On frole le racisme pur jus à deux ou trois moments. Heureusement l’ensemble se rattrape sur quelques dégustations bien sanglantes du monstre. Là, les auteurs sont plus inspirés mais ils ne nous feront pas oublier la pauvreté de l’ensemble, voyage bien palôt dans le bush africain. En tout cas, ca permet de patienter avant la sortie (retardée à cause de ce naveton) de Rogue, réalisé par Greg McLean, responsable du vraiment effrayant, Wolf creek.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 23/10/2007