La presse a adoré ces horreurs. Avec un nom pareil, il est bien normal que cela aiguise notre curiosité.
The Horrors pratique un punk très cold wave. Donc un son distant et marqué par des expérimentations très synthétiques. Physiquement, les membres ont la consigne d’avoir les cheveux en pétard et d’être habillés en noir.
Un croisement improbable entre The Cure et Tim Burton. Comme ils sont jeunes, ils ont en plus des pantalons slims qui donnent l’impression d’admirer des pantins gothiques. Bref, le flou de la pochette est à leur avantage.
Il est vrai que l’on a de vrais préjugés. Ce genre de groupe spectaculaire a l’air de ne jouer que pour plaire à des japonaises hystériques. Il a en tout cas attiré des pointures pour la production du second opus : le producteur de Portishead et le vidéaste Chris Cunningham.
Le buzz était inévitable pour The horrors. D’autant qu’ils ont de bonnes références : à l’écoute de Primary Colors, on pense à My bloody valentines pour le style noisy et l’ultime groupe en matière de pop triste et déchirée, Joy division.
Plus radicaux qu’Interpol ou The Editors, The Horrors sont dans la démesure supersonique. Les guitares envahissent tout, en boucle et parfois aidées par une rythmique infernale.
Le chanteur n’a pas grand chose à faire que laisser sa voix résonner dans des chansons bruitistes mais pas inaudibles. Au contraire, il y a bel et bien un coté sauvage, très garage qui apparaît dans cet album. Un vent de liberté semble traverser ce groupe un peu trop habillé pour être honnête.
Il faut donc résister à la tempête. Elle se conclue sur un subtil morceau de bravoure de huit minutes, Sea within a sea, qui montre aussi l’intelligence du groupe. On y devine des racines rock plus authentiques. On se dit que l’on a jugé trop rapidement cette nouvelle bande gothico-darkos-punk-fans de synthés.
Ce disque est une intéressante superposition de bruits et de sons. Avec une vraie volonté rock'n'roll. Si l’expérience vous tente, n’hésitez pas : c’est loin d’être si primaire que ça !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 16/10/2009