L’écriture de Chattam est prenante. Il est au roman ce que Les experts sont aux séries. On peut trouver cela gonflant. Ca reste divertissant.
Efficace, c’est le mot qui convient le mieux pour décrire le style de Maxime Chattam, romancier qui aime les enquêtes poisseuses et compliquées. Il raconte des histoires tordues sans temps mort et ne tergiverse jamais. Ses descriptions sont sèches et souvent effrayantes.
C’est un enfant de la pub, de la télé et du ciné. C’est une écriture simple et prenante, aux ellipses habilement placées. Peu de nuances. Le sens du détail ne lui vient que pour observer l'ignominie. Avec Prédateurs, il revient à ses premiers amours : le psychopathe.
Le véritable serial killer à l’esprit tout bousillé qui renvoie les héros de cette nouvelle aventure à leur peur primale et leur part d’ombre!
Au milieu d’une guerre sans nom, le lieutenant Frewin et une infirmière Ann Dawson, doivent faire équipe pour stopper un gros énervé du couteau. Cela commence sur un bateau. Les compagnies sont coincés à l’intérieur à quelques heures d’un débarquement qui s’annonce sanglant.
Ce n’est pas très beau la guerre mais ce n’est rien face aux mises en scène sordides du tueur, qui fait preuve d’une imagination impressionnante pour assassiner quelques malheureux soldats. Frewin et Ann vont le poursuivre sur les champs de batailles puis ils vont se rendre compte qu’ils sont peut être les pourchassés…
C’est le Chattam qu’on aime : celui qui décrit des tarés avec une froide écriture. Les scènes de crimes soulèvent le cœur et le courage des héros contrebalance avec la folie qui envahit petit à petit les pages. L’auteur se permet une critique sur la guerre en la comparant à celle d’un psychopathe. Son goût pour la criminologie rend l’ensemble palpitant et ce Prédateurs vaut toutes les séries du monde comme Esprits Criminels ou Les Experts. Ce n’est pas léger mais pas désagréable non plus. Au contraire !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 29/07/2010