Avec Gabourey Sidibe, Mo'nique, Mariah Carey et Paula Paton - 3 mars 2010 - ARP - 1h49
Et ta critique ?
Une obèse noire de 17 ans, malade, enceinte de son deuxième enfant issu d'un viol paternel ! On peut effectivement marquer une certaine résistance à aller voir Precious!
Lorsque vous rentrez dans la salle, vous vous attendez à vivre une heure et demi de malheurs! Pourtant Precious essaie d'échapper à sa condition. Elle lutte comme elle peut. Elle s'évade par la pensée.
Elle rêve de devenir une star. Elle apprend à lire et écrire dans une école spécialisée en vue d'obtenir son bac et espérer un avenir meilleur. Son imaginaire grignote son sordide quotidien. Ce monde abstrait est une véritable bouffée d'air.
La corde sensible est tirée mais la réalisation de Lee Daniels vise juste. Loin des bas fonds de la sensiblerie, Lee Daniels donne un rythme presque humoristique, tout en clair obscur!
Le ton change en un déclic. On passe de la joie d'une naissance à un désespoir familial qui s'assombrit en permanence. L'ascenseur social est cassé mais pas celui de l'émotion.
Le discours volontariste très américain est gommé un certain temps. Precious raconte une chute sans fin. L'actrice encaisse une violence inouïe. Joue t elle réellement? On peut s'interroger sur les outils qu'utilisent le metteur en scène pour nous présenter la misère la plus totale. Néanmoins l'actrice impressionne et elle est l'atout précieux du film.
Tout comme les apparitions de Mariah Carey et Lenny Kravitz. La première est presque convaincante, bien loin de son métier de chanteuse bimbo tandis que le second, calme, incarne le seul homme du film.
Basé sur une nouvelle, Push, Precious est parfois tout much, réunissant toutes les tares de la société américaine, sur un unique personnage. Le défouloir semble facile. Facile certes, mais franchement bien fait!