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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Pour elle

Pour elle

Fred CAVAYé

Avec Vincent Lindon, Lancelot Roch, Olivier Marchal et Diane Kruger - Wild side video - 2008

Et ta critique ?




On en avait parlé lors de la sortie en salle. Le passage en DVD constitue une excellente occasion de (re)voir un thriller solide et palpitant qui remplit tous ses objectifs avec sobriété.


Le mur de l’appartement — dépouillé de tous les meubles et du superflu inséparable de la vie moderne — était couvert de photos, annotations à même le papier peint et plans en tous genres. L’homme se tenait là, analysant le moindre élément avec méthode. Faire évader quelqu’un n’est pas facile, mais cela devait à tout prix réussir.

Non, nous ne sommes pas dans Prison Break. La prison en question est à Meaux, le détenu est une femme et le cerveau de l’opération n’en est pas spécialement un. Mais, contrairement à la série précitée, Pour Elle ne souffre d’aucune baisse de régime, d’erreur de casting ou d’une quelconque fausse note en général. Oui, nous parlons bien d’un film français.

En se refusant à jouer la carte du thriller classique où le retournement de situation est une constante tapageuse pour tenir le spectateur en haleine, le metteur en scène a pris le parti du drame psychologique.

Le " héros " est un humble fonctionnaire de l’Education Nationale, complètement dépassé par les évènements et les choix qu’il fait. La culpabilité ou l’innocence de sa femme, enlevée sous ses yeux et ceux de leur bambin, n’est pas non plus un enjeu.

Pourtant, la tension est omniprésente. Les dernières minutes sont littéralement asphyxiantes jusqu’à la conclusion du récit qui… En fait, vous le verrez par vous-même.

On peut dire que le réalisateur, loin d’être aguerri dans l’exercice du long-métrage, s’en sort plus qu’honorablement. La restitution d’un scénario très classique bénéficie d’un découpage idéal. Les champs sont très resserrés au détriment d’une action qui n’occupe que le second plan, et c’est dans cette originalité que le film réussit à nous embarquer. Grâce également à des compositions d’acteurs de premier ordre.

Vincent Lindon joue ici à la perfection et l’empathie qu’il provoque met le public au pied du mur en le soumettant aux mêmes dilemmes. Diane Kruger n’est pas en reste avec une interprétation sobre et juste. Tout est dit.

Ce magnifique long-métrage français (ce qui constitue trop souvent une antonymie, au grand dam d’obtus partisans d’une exception culturelle nationale) prouve que l’on peut faire un film de genre bien de chez nous en ignorant les sirènes hollywoodiennes.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 29/06/2009