2004 : en douze compositions, Arnaud Fleurent-Didier remettait au goût du jour une pop française depuis trop longtemps oubliée. "Portrait du jeune homme en artiste" : plus qu’un grand album, une véritable bénédiction.
"Portrait du jeune homme en artiste" n’est rien d’autre qu’un somptueux hommage à la musique française, alliant des chansons pop de haute volée à des textes très littéraires et brillements écrits .
La chronique de ce premier album d’Arnaud Fleurent-Didier pourrait s’arrêter là. Mais ce serait lui faire injure. Car il y a tant et tant à dire sur ce petit bijou d’album. Un album qui est un vrai courant d’air frais dans une chanson française empêtrée dans un néo-réalisme, qui devient de plus en plus risible et/ou insupportable.
Au programme de ce "Portrait du jeune homme en artiste", douze chansons, aux arrangements somptueux et à la production léchée. Douze compositions sur lesquelles AFD ouvre son cœur de jeune artiste et exprime ses bonheurs, ses envies, ses déchirures et son mal-être. Le tout dans un phrasé à en faire pâlir plus d’un. Notre homme est un littéraire, une sorte de dernier grand romantique. Et il le prouve tout au long de l’album.
De Vivre autrement (où il exprime sa lassitude de jeune étudiant) à A l’ombre des jeunes filles en pleurs (et sa vision plutôt noire de l’amour) en passant par Retrouvailles sans rendez-vous (et la difficulté de surmonter une séparation), AFD donne un aperçu du spleen qui est le sien.
N’allez toutefois pas croire que cet album respire la sinistrose et la mélancolie. Bien au contraire. AFD sait chanter l’amour et écrire de grandes et belles déclarations, au gré de diverses figures de style (Le XXIe arrondissement de Paris, Je voterai pour toi).
Au niveau musique, tout cela est impeccable également. On a l’impression d’être revenu en 1971 à l’époque de Melody Nelson où Gainsbourg et Vannier excellaient.
Interprétant lui-même la majorité des parties musicales du disque, AFD se montre là aussi très talentueux.
De la grande et belle pop française en somme.
Comme April March (dont on pourrait voir en AFD une sorte d’alter ego masculin), ce "Portrait du jeune homme en artiste" a le bon goût de remettre à l’affiche un son français, depuis (trop) longtemps oublié.
Mélange de Dominique A, Polnareff ou Katerine, ce premier album d’Arnaud Fleurent-Didier est donc un vrai bonheur pour les amoureux de la belle et grande pop française.