La musique de Pepper Island est plus épicée que prévu. On embarque avec plaisir.
Encore un duo à la ville comme à la scène. Cela devient un peu la spécialité locale actuellement. Depuis le succès de Cocoon ou Felipecha, l'amour se mêle à la musique et cela semble assurer le succès.
On aurait pu être très critique à l'égard de Pepper Island, nouveau duo franchouillard, en anglais dans le texte et visiblement adepte de la folk légère et vintage. L'accusation d'ersatz semblait leur tomber sur le coin de la figure. On aurait bien voulu douter de leur couple.
Mais ces deux là aiment la musique. Ils lui rendent un bel hommage et prennent la tangente avec une orchestration simple, joliment jazzy et très sixties. Ayele Labitey et Laurent Griffon doivent avoir une discothèque intéressante avec de nombreux styles et des artistes variés.
Leur musique se promène sur un spectre d'ambiance très large, de la folk à la Dylan, sèche et prenante jusqu'à de la world music, innovatrice et claquante. Difficile de dire ou se situe leur île au poivre. C'est finalement une bonne nouvelle.
On se perd avec délice dans leurs morceaux variés et d'une humilité incroyable. Les genres s'embrassent. Le plaisir est réciproque. La femme chante et l'homme joue de la musique. L'échange est doux, avec très peu de rythmique. L'équilibre se fait naturellement. L'échange est passionné et harmonieux.
Le résultat est réjouissant, généreux et inspiré. Ayele Labitey est une chanteuse habitée, à la voix moins anodine qu'il n'y parait à la première écoute. Son compagnon compile les instruments avec passion sans en faire trop. L'île n'est pas déserte. Ses habitants se contentent du peu qu'ils ont. Avec cela, ils provoquent un maximum de douces sensations.
Le froid revient: la visite de Pepper Island réchauffe.