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Jeudi 24 Mai 2012Livre

 Plus cool tu meurs

Plus cool tu meurs

Alex ROBINSON

Rackham - 100 pages

Et ta critique ?




Back in the eighties. Le New-yorkais Alex Robinson s’interroge sur sa consommation de cigarettes avec une douce nostalgie. Très cool effectivement !


Andy Flicks voudrait arrêter de fumer. Il a tout essayé. Il tente désespérément l’hypnose pour maîtriser son addiction. Sans trop y croire. Et pourtant le voilà transporté en 1985, l’année où il a touché à sa première cigarette.

Un quadra dans un corps de 16 ans, ca sent bon la comédie sentimentale pour niaiseuses. Chez le dessinateur Alex Robinson, c’est une douloureuse et drôle introspection.

A la recherche du temps perdu, Robinson souligne avec talent cette habitude de ses contemporains à sacraliser l’adolescence et la vision du lycée. En retournant dans les années 80, Andy Flicks renoue avec les premières frustrations et l’effondrement de ses certitudes.

Gentil ringard, il conserve la maturité d’un quadra cynique. Pourtant il ne peut que vibrer devant les filles et les premières soirées. Le noir et blanc du dessinateur, héritier du génial Will Eisner, va très bien à cette mélancolie autour du monde adolescent.

Chaque chapitre a le titre d’un hit de l’époque. Andy s’essaie à tous les looks. Il s’amuse d’abord puis se rappelle qu’il a une mission : stopper la cigarette et éviter la toute première !

Le superficiel laisse petit à petit sa place à de la gravité sans abandonner l’humour. Les erreurs du passé ne sont pas anecdotiques et Andy trouve des révélations poignantes.

Sans exceller dans le dessin, Robinson a l’art de mettre en scène des prises de conscience avec un sens de la dérision étrangement mélangé à une belle délicatesse.

Il croque parfaitement les années 80 et n’oublie pas de se raconter. En tout cas, ca ne peut pas diminuer l'afflux sanguin et provoquer l'impuissance. Ca ne nuit pas gravement à votre santé et celle de votre entourage. Lire une bonne bédé ne tue pas !


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 21/11/2009