Vacances de Noël, la famille dans laquelle Manou est jeune fille au pair à Paris est partie au ski dans les Alpes.
Manou, réunionnaise, n'a pas très envie de tenter l'expérience des sports d'hiver, elle préfère les paysages montagneux de Mafate. Mais sous l'insistance de Juliette, la plus petite, elle craque. Mais comme elle a des choses à régler à la capitale, elle décide de les rejoindre plus tard, en train de nuit.
Paris/Saint-Gervais, train couchette.
La jeune fille va se retrouver dans un compartiment avec trois jeunes garçons un peu surexcités de partir en vacances tous seuls pour la première fois. Ils ont ramené de l'alcool pour fêter ça et Ils vont essayer de faire entrer Manou dans la fête.
Jusqu'ici tout va bien, sauf qu’ils se sont tous les quatre engagés sur une piste noire, et que la pente est plutôt raide. Aucun n'en sortira indemne, comme en témoigne un des garçons : "Voilà. Voilà ce que j’ai fait. Contre ma volonté. C’était plus fort que moi, une montée d’adrénaline, puis la grande descente avant même de toucher le sol… Je suis mort. C’est pareil. La vie, elle a jamais voulu de moi. (…) Maintenant, au moins, je saurai pourquoi. Je suis un monstre. Rien ne pouvait enrayer la machine, le train en marche ; c’était écrit sur le billet. Aller simple."
Récit dramatique où l'on connaît le dénouement au début de l'histoire. On est tout de suite pris aux tripes par cet évènement qui, dans un journal, aurait fait quatre lignes dans les faits divers.
Un viol collectif. Une tournante improvisée. Deux points de vue sont exposés : violeur et violée, personne ne sort indemne. Pas de happy end, juste les faits.
Un récit sans concession, sans fards, ni faux-semblants. Qui nous rappelle qu’en chacun de nous sommeille un monstre qui n'attend qu'une étincelle pour s'éveiller. Et qu'en chacun de nous existe une victime qui sera impuissante face à des évènements inconcevables.
Voilà ce que nous montre Christine Beigel, des facettes de la nature humaine, qu'il n'est jamais facile de regarder en face.
Claire Couthenx
© Etat-critique.com - 03/03/2007