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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Pirates

Pirates

Roman POLANSKI

Avec Walter Matthau, Chris Campion, Charlotte Lewis et Damien Thomas - Tarak Ben Ammar - 1986

Et ta critique ?




Le film de Polanski a coulé à pic en 1986. Un budget énorme. Une production épique. Une sortie contrariée à cause d’une presse ravie de chahuter un de ses idoles. Il faut dire que le fan de Roman Polanski ne peut être que déçu par Pirates, vrai film de série B !


Dans Le bal des vampires, on reconnaissait l’auteur malgré le vibrant hommage au film d’horreur. Son humour. Sa sexualité. Son ironie. Le bal des vampires était marqué par la personnalité de Polanski, pas encore ennemi des Etats Unis.

Dans Pirates, il s’efface au profit du pur spectacle. Ce qu’il ne sait pas bien faire ! Pirates est un film déséquilibré, ce qui n’est pas idéal lorsqu’on prend la mer. Il y a bien entendu tous les clichés du genre, du héros vertueux jusqu’à l’abordage dangereux avec son lot de mutinerie.

En prime, il y a Walter Matthau, complice de Jack Lemmon dans de nombreuses comédies de l’Age d’or et heureux de cabotiner déguiser en capitaine Red. La production a soigné les costumes et les décors.

Il y a donc de l’action. Mais Polanski n’arrive pas à donner du corps à ses personnages. Hormis les deux personnages principaux, tous les autres sont fades.

On s’amusera de penser que  film fut écrit il y a très longtemps et que Polanski se voyait bien dans le rôle de Grenouille pour donner la réplique à Jack Nicholson dans le rôle du Capitaine Red.

En 1986, Polanski n’a peut être plus la jeunesse et l'espieglerie de son scénario. Il traine un peu la patte et le film traverser des moments d’un calme honteux. On voudrait une tempête pour relancer le navire. Reste l’impétueux duo du film !

Le film, lontemps boudé, attaqué au festival de Cannes de 1986, retrouve d’ailleurs des qualités avec le temps. A l’époque du tout numérique, les efforts de Polanski pour donner vie au monde de la piraterie force désormais le respect. Le film devient très sympathique ! Il restera un peu maudit mais bon un pirate maudit vaut mieux qu’un pirate sympathique !

Phrase culte : Holy poker! You son of a double-eyed whore from the reeking gutters of Rotterdam!

 

 


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 18/05/2011