Pendant que 50 Cent se compromet avec Justin Timberlake, le rap libre et décomplexé se porte à merveille grâce à Pigeon John. Rappeur californien, Pigeon John échappe à tous les clichés et offre un album lumineux !
Marre des bling bling et des poum poum ? Précipitez vous chez votre disquaire et procurez vous le quatrième album de cet hurluberlu qu’est Pigeon John. Voilà un rappeur qui fuit les conventions assez commerciales et grossières de la planète rap.
Avec ce bonhomme, on approche les ambitions musicales de MF Doom ou la décontraction des Jurassic 5 ou des Black eyed peas. Le mélange rassure même l’auditeur novice. La contestation de Pigeon John se fait avec flegme et humour.
C’est la première qualité de cet album : c’est un éclat de rire au milieu d’un univers où le sérieux est de rigueur. On connaît l’ego démesuré des rappeurs californiens ou américains : Pigeon John ne pense qu’à s’amuser comme le souligne le titre de son disque.
Il se limite à divertir. Son disque ne s’arrête pas à des gros beats et des emprunts à la techno. La musicalité du disque est variée : on appréciera le son old school de la plupart des morceaux mais le rappeur offre de stimulantes compositions avec instruments et influence pop. Le refrain pressé de Higher est irrésistible. Le piano de Weight of the world envoie la chanson vers les sommets du rap cool. I lost my job again est une ode à la désinvolture. Enfin Bran new day et Growin’old concluent l’album avec malice.
Pourtant la limite apparente du rappeur devient une force. Cherchant le plaisir, il aventure le rap vers des contrées méconnues. Les samples sont inventifs et la présence d’instruments donne une vraie sincérité au projet.
Pigeon John a donc toutes les chances de devenir le chouchou des sceptiques et des déçus du rap. Son album est la preuve qu’un peu de recul sur son art ne fait jamais de mal. Un peu d’humour non plus. Et beaucoup de talent et d’originalité, voilà ce qui manque à beaucoup d’artistes actuellement. Si vous ne vous remettez pas de votre été pourri, n’hésitez pas une seconde à vous inviter à la soirée de saison de ce drôle d’oiseau !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 10/09/2007