Universal Vidéos sort un DVD regroupant les deux premiers spectacles de Pierre Palmade : « Ma mère aime beaucoup ce que je fais » et « On s’connaît ? ». Vingt ans après, les sketches de Pierre Palmade n’ont pas pris une ride !
La première chose qui frappe, c’est le look de l’humoriste : coiffure improbable (incroyable touffe de cheveux laquée à mort), pantalon et chemise en polyester noir un peu ringards… Il manque juste les chaussettes de tennis blanches pour être complet !
La deuxième chose qui frappe, c’est la jeunesse d’un grand gamin de vingt ans d’une drôlerie incroyable.
Il y a des sketchs vus et revus (Le joint, Le Colonel, le Scrabble…) et surtout quelques uns que l’on avait oubliés et qu’on est franchement content de (re)découvrir.
Avec son débit de mitraillette, Palmade flingue les cons prétentieux, égoïstes et atrabilaires. Ainsi dans l’hilarant sketch où il commente sa visite à une amie gravement malade à l’hôpital :
« Moi je fais tout pour rester en bonne santé, tu comprends : je fais attention à ce que je bouffe, je ne bois pas, je ne fume pas, je fais du sport…alors si c’est pour passer la journée à l’hôpital ! (…) Et puis elle ne parle que d’elle, que d’elle, que d’elle ».
Il est très agréable de voir un humoriste ne pas tomber dans la facilité consistant à créer une fausse connivence avec le public en feignant le fou rire ou en prenant gentiment une tête de turc parmi les spectateurs pour mieux simuler une proximité avec eux.
Il faut dire que l’humour de Palmade est servi par des sketchs très écrits, d’une efficacité redoutable. On sent que l’humoriste - comme il l’explique d’ailleurs dans le bonus - a à cœur de peaufiner ses textes.
Dommage qu’il n’ait pas mis autant de soin dans ce bonus décidément bien maigre : il consiste en une longue interview du comique, agrémentée d’interventions de proches (sa mère, Sylvie Joly, son metteur en scène, son producteur…). On y voit un Pierre Palmade qui ne joue pas la fausse modestie (il peut même paraître un peu sûr de lui, voire prétentieux) expliquer comment il se base sur des situations qui le révoltent et pourquoi il s’interdit l’exagération trop facile.
Ce n’est pas inintéressant…mais c’est un peu léger.
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 16/12/2008