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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Picnic

Picnic

Adrian SITARU

Avec Adrian Titieni, Ioana Flora, Maria Dinulescu et Alexandru Georgescu - Rezo films - 4 février 2009 - 1h24

Et ta critique ?




Un couple doit partager son pique nique avec une prostituée. Sans moyen, ce petit film oscille entre drame intime et film noir. Futé !


Mihai taquine son amoureuse. Dans leur voiture, ils se faufilent dans les rues de la grande ville pour se faire un petit pique nique près d’un lac. En caméra vidéo à l’intérieur de la voiture, on découvre la Roumanie d’aujourd’hui. Les joutes verbales entre les deux personnages sont presque anecdotiques.

On observe, médusé, la ville filmée de façon naturaliste. Le bitume est défoncé. Les jeunes traînassent. Les avenues sont grandes et sans fin. Puis les immeubles s’effacent.

On se recentre sur Mihai et Lubi. Leur relation est houleuse. Au bout d’un an, il n’est toujours que l’amant de la jeune femme. Il réclame plus. Elle n’ose pas avouer son amour à son époux. Le tout est habilement réalisé en caméra subjective. Visiblement, le réalisateur sait se servir des moyens les plus réduits.

La tension monte et au bord d’une forêt, il ne voit pas Ana, prostituée perdue dans la campagne. Ils la pensent morte ! Ils veulent la planquer mais elle se réveille et leur demande si elle peut passer la journée avec eux.

Le couple, déjà tendu, va donc se faire bousculer par une fausse naïve, résolument garce et manipulatrice. Sans budget, le réalisateur roumain réussit à créer un suspense intime et efficace.

Ana diffuse au cours d’une journée de farniente, un peu de perfidie. Avec trois points de vue différents, la caméra capte les angoisses sentimentales et existentielles.

Cela donne un film très cheap dans la forme mais intéressant dans le fond avec des emprunts assez clairs au polar. On peut être un peu agacé par des dialogues un peu longs. Cela distille pourtant un malaise qui fait la richesse de l’ensemble.

Mine de rien, sur un schéma classique, le trio amoureux, Adrian Sitaru compose une œuvre qui sort du lot et rappelle les plaisirs simples d’un cinéma sans grand moyen. Lars Von Trier apprécierait !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 11/02/2009