« Mon beau-père et moi » chez les curés. C’est un peu l’impression que donne cette comédie au goût prononcé de déjà-vu. Trop centré sur le numéro d’acteur de Robin Williams le film fera passer un bon moment, et encore.
Ah, la joie de convoler en justes noces. Cette sensation de légèreté et d’euphorie dans l’air, les petits détails de l’organisation, le rassemblement historique d’une famille et enfin le prêtre. Celui dont il est question ici est un exemplaire un peu particulier qui exhibe fièrement ses photos prises avec le pape et Georges W. Bush, mais à part ça, il est gentil. Avec une vue très particulière des liens sacrés du mariage, il a instauré un séminaire de préparation à ce sacrement pour ses ouailles.
Un jeune couple qui envisage de se passer amoureusement la corde au cou tente alors l’aventure. Destiné à vérifier la motivation des participants, celui-ci comporte son lot d’abstinence religieusement correcte et d’épreuves qui rassemblent tout ce que le mariage peut comporter de clichés (la tripotée d’enfants en bas âge, la confiance aveugle, la communication de couple, et cætera…). Autant de gags que l’on voit arriver de loin et qui peinent souvent à produire plus qu’un simple sourire de circonstance.
Les deux tourtereaux ont beau être très propres sur eux, jeunes et mignons ; l’absence totale d’aspérités les rend d’une platitude à toute épreuve, ce qui correspond plus au registre du catalogue pour listes de mariage qu’à celui de la comédie. Les seconds rôles cachetonnent tranquillement en suivant à la lettre la caricature familiale qu’ils sont censés incarner. La commedia dell’arte à l’américaine en fin de compte.
Reste Robin Williams qui assure le spectacle à lui tout seul. Ce grand acteur (si, si) respire souvent la bonne humeur communicative et la gaudriole de bon aloi. Ici, il s’essouffle dans les trente premières minutes et le château de cartes s’écroule. On se serait presque surpris à penser qu’il aurait manqué une dose d’humour collégial qui, à défaut de sauver le film de l’ennui, l’aurait rendu moins conventionnel.
Très grand public voire bon enfant, les candidats à l’aventure matrimoniale pourront trouver dans ce long-métrage un écho favorable, à condition de ne pas trop attacher d’importance à l’institution sacrée. Ceux qui souhaitent améliorer leur culture cinématographique dans le même répertoire sont invités à découvrir, si ce n’est déjà fait, l’excellent Vertiges de l’amour de Laurent Chouchan. Et puis ça fera vivre le bon cinéma français, donc tout le monde sera heureux comme ça. Amen!
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 20/08/2007