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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Peines d'amour perdues

Peines d'amour perdues

Kenneth BRANAGH

Avec Natasha McElhone, Alicia Silverstone, Alessandro Nivola et Kenneth Branagh - Fox Pathé - 2001 - 1h40

Et ta critique ?




On continue de chercher des plaisirs oubliés durant cette folle décennie écoulée. En 2001, Kenneth Branagh, avec son énergie habituelle, tentait un pari fou et un nouvel hommage à Shakespeare.


Depuis son tout premier film, Branagh vénère le plus illustre des artistes britanniques, William Shakespeare. Cela a porté chance au comédien. Henry V était un premier film bluffant. Beaucoup de bruit pour rien est une comédie rayonnante. Son Hamlet fut un pari fou et plutôt réussi.

Le duo fonctionne. Peines d’amour perdues est une nouvelle adaptation. Une fois de plus, le comédien ne respecte la tradition. Il profite du texte pour s’essayer aux comédies musicales à la Fred Astaire ! Idée saugrenue mais très séduisante.

A l’aube de la guerre, un roi en a assez de se divertir et s’enferme dans un palais avec trois amis pour étudier. Hélas pour sa bonne résolution, une princesse et ses courtisanes arrivent. Les hommes ne peuvent plus se concentrer et logiquement, ils badinent avec l’amour…

Nous ne sommes plus au XVI siècle. L’action se situe dans les années 30 à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale. La gentille satire des mœurs royale est obsolète. Ce que recherche Branagh c’est le plaisir et l’émotion. Tout tient dans sa mise en scène.

Une fois de plus il en fait trop (ce qui lui jouera des tours dans ses réalisations suivantes comme La flûte enchantée et Le limier) mais son énergie est débordante et fascinante. C’est du cinéma agaçant à force d’être généreux. Cela fonctionne ici.

Dans sa révérence à Shakespeare et au cinéma, Branagh réalise un joli geste. La comédie musicale des années trente parasite avec réussite le texte lourd de Shakespeare. Les rimes n’empêchent jamais des ballets assez plaisants et fabriqués avec ingéniosité, sans effet stupéfiant.

Volontairement, hors du temps, le film revendique une légèreté presque insolente. Branagh ose une étrange fusion. Les acteurs ne sont pas danseurs ou chanteurs : les titres sont pourtant irrésistibles. Le décor se limite à une habile scène de théâtre. Branagh se fait pourtant plaisir et profite toujours de son envie et son énergie.

C’est un ravissement de tous les instants. C’est une vraie curiosité qui remue avec une désinvolture réjouissante. Les esprits chagrins auront beaucoup de choses à redire sur ce film mais ceux qui aiment les films vigoureux et vaillant, eux seront heureux d’apprendre que ces Peines d’amour ne le sont pas pour tout le monde


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 29/12/2009