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Jeudi 24 Mai 2012Art-scène

 Peautré

Peautré

Georges MATHIEU (1921)

PEAUTRÉ, 1965 Huile sur toile 60 X 100 CM

Les commentaires

mariamel

Le 07/12/2007

Excellente critique ! A renouveler !
MERCI

Et ta critique ?




Nous vous proposons régulièrement de découvrir des expositions. Etat-critique.com vous proposera également un éclairage sur une toile. Un autre geste pour aller à la rencontre d'un artiste et de son oeuvre. Premier à inaugurer cette nouvelle démarche éditoriale : Georges Mathieu.


Peautré



À la suite de la grande rétrospective de ses œuvres (1944-1963) qui eut lieu au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, en 1963,  Georges Mathieu cesse pratiquement de peindre jusqu’en 1965 : Si j’ai arrêté pour ainsi dire de travailler depuis deux ans, c’est qu’il ne m’était plus possible de peindre de la même façon. L’accélération de la sensibilité due au monde moderne (…) entraîne inévitablement une saturation qui nous incite au renouvellement.

En 1965, il reprend ses peintures de commande et réalise 14 toiles pour la Galerie Schmela, à Düsseldorf, tout en préparant une exposition de 121 toiles pour la Galerie Charpentier, à Paris ! À cette occasion, il précisera :Dans les toiles que je vais présenter, le geste est toujours là, présent comme auparavant, mais sa traduction en graphisme sur la toile est plus sobre, plus assagie. On ne voit plus ni taches, ni bavures.

PEAUTRÉ. 1965 fait partie de ces nouvelles œuvres de Mathieu, inaugurant l’une des révolutions de son style : la peinture plus contrôlée procède de signes qui, en perdant les accidents du geste, gagnent en intensité. Une partie de la nouvelle inspiration du peintre, dégagée des batailles et des titres historiques, va s’inscrire dans certains rapprochements avec l’art héraldique et l’invention de manières de blasons et d’armoiries.

Sur le champ de la toile blanche, autour d’un fragment d’ écu noir de velours, ceinturé d’hermine, tout un quadrillage de lignes et de bleu et de rouge s’entrecroise avec des traits et de l’ocre et du noir, créant une tension d’une telle résistance que la sinusoïde rouge s’échappant vers l’extérieur, semble  inscrire les traces de l’énergie dégagée par la lutte des formes et des couleurs.

Tandis qu’une bande en diagonale, rayon bleu électrique, court en continue vers la droite, une forme rouge et verticale, à l’allure de lanterne japonaise, éclaire, sur la gauche,  un petit météore noir et libre qui tient le rôle actif d’équilibrer ce « nouveau monde » armoiré,  proposé par l’artiste.

Après plusieurs révolutions dans sa peinture, une nouvelle et importante évolution de son style apparaîtra en 1988, relatée par Georges Mathieu lui-même qui écrira dans « la Nouvelle Royauté du Tachisme » : La grande nouveauté, c’est la royauté destaches qui se découvrent de nouvelles vertus.

Mais ceci est une autre période...


Ci-dessous, la bande annonce de "Mathieu, ou la fureur d'être", film que Frédéric Rossif consacra à l'artiste en 1971 (disponible en DVD).
Impressionnant et initiatique ! 


Jean-Marie CUSINBERCHE

© Etat-critique.com - 05/12/2007