Loin de la pop habituelle britannique, l’anglais Scott Matthews plonge avec délice dans les années 60 et 70. Quelque part entre Jeff Buckley et Ravi Shankar, Scott Matthews supporte les prestigieuses comparaisons.
Depuis le succès grandissant du groupe australien Wolfmother, il a fallu se rendre à l’évidence : le son des années 60 est de nouveau à la mode. Il cohabite modestement avec le revival Talking Heads, lancé par Franz Ferdinand.
Mais il est bien là. Aux Etats-Unis aussi, le phénomène est frappant. Kings of Leon a cartonné avec deux albums d’à peine une demi heure mais surexcités. Les Jet ont un goût certain pour le rock qui sent bon le patchouli. En Europe, c’est pareil. Au Danemark, Dead Man a visiblement fait un voyage dans le temps. En Angleterre, les glorieux Primal Scream ont laché l’electro et se prennent désormais pour les Stones.
Scott Matthews fait parti de ses voyageurs dans le temps. Le bonhomme de Wolverhampton compose dans la tradition du bon vieux rock en injectant une bonne grosse dose de musique indienne. Sitars, mridangams et tablas apparaissent dans des compositions old school et réussies !
Car Matthews est moins énervé que ses petits camarades qui ressuscitent le hard rock à la manière des premiers Deep Purple. Des cuivres font penser à Van Morrison. Des slides rivalisent avec Ben Harper. Le ton sait être mélancolique comme Nick Drake. Scott Matthews réussit à voler ce qu’il a de mieux chez de prestigieux song-writers.
Son goût pour le mélange lui évite de multiplier les plagiats. Le début du disque est un superbe effort de rock exotique puis le disque se resserre sur des morceaux calmes, virtuoses, où l’on ressent la passion et la foi du jeune artiste. Scott Matthews nous fait partager sa nostalgie. Avec de l’ancien, il y a chez ce drôle d’hurluberlu, une réelle impression de nouveauté ! Une jolie contradiction qui fait le charme de ce premier essai !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 11/06/2007