"On est heureux, on positive, on oublie qu’on n’a pas de jambes…
Et on avance !"
Virginie Hocq entre en scène en remuant son popotin au son de Beyoncé. La danse comme exutoire du trac. Un trac qui lui file une « gerboulade » qu’elle entend bien communiquer au public en annonçant qu’à un moment donné (à la page 27 du spectacle), un spectateur choisi au hasard dans la salle, la rejoindra sur scène.
Le gimmick de la gerboulade reviendra tout au long du spectacle, ce qui n’est pas la meilleure idée de ce one-woman-show. Il est vrai que c’est un vieux truc du spectacle comique, presque une figure imposée, que d’intégrer le public au spectacle. D’ailleurs les spectateurs adorent ça, et semblent conquis d’avance.
Moi, qui suis plutôt François Rollin que Gad Elmaleh, je trouve le truc un peu facile. Le spectacle démarre doucement si bien qu’au départ, je me dis que je ne vais pas passer une très bonne soirée. À tort !
On est très vite conquis par le dynamisme délicieusement absurde de Virginie Hocq. La performeuse enchaîne les sketchs et nous entraine dans son univers foutraque où les mères de famille demandent 140 fruits et légumes à la marchande (cinq par jour, pour quatre personnes pendant une semaine !), où une adepte de la chirurgie esthétique consulte son médecin parce que ses prothèses s’animent et gâchent sa vie en prétendant vivre la leur, et où les clowns d’hôpital sont méchants.
« T’as pas de tibia ? Ben quoi, moi j’ai pas d’I-phone »
Virginie Hocq crée des situations hilarantes par leur surréalisme. Gentiment exhibo, elle n’hésite pas à donner de sa personne pour incarner des personnages – humains ou animaux -plus vrais que nature. Et c’est comme ça que je me retrouve à littéralement pleurer de rire en la voyant jouer une gamine bavarde sur le pot.
Le public est absolument conquis, et applaudit à tout rompre. Il y a longtemps que je n’avais pas vu un tel emballement pour un spectacle.
http://virginiehocq.corniaudandco.com/
http://www.theatremontparnasse.com/
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 30/01/2011