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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Parlez moi de la pluie

Parlez moi de la pluie

Agnès JAOUI

Avec Agnès Jaoui, Jamel Debbouze, Jean Pierre Bacri et Frédéric Pierrot - StudioCanal - 17 septembre 2008 - 1h38

Et ta critique ?




Apprécié pour leur sens du dialogue, le duo Jaoui Bacri continue d’observer les petites misères qui pourrissent le quotidien. Pourtant cette promenade à la campagne ne fait ni chaud ni froid.


Il pleut à quelques reprises dans le troisième film d’Agnès Jaoui. Mais la plupart du temps, le soleil se glisse entre les branches et les feuilles. Les images se remplissent d’une nature vivante et délicieuse. Mais les gens se plaignent du mauvais temps.

Ils cherchent même des responsables. Les Français sont connus pour ne pas être contents. Mais que cache cette constante insatisfaction ? Agnès Jaoui et Jean Pierre Bacri ont toujours scruté les états d’âme de leurs personnages. Ces derniers tentent un équilibre très instable entre espoir et résignation.

Après les solitaires du Goût des autres et les intellos de Comme une image, le duo s’intéresse à une femme politique. Agathe Villanova, écrivain féministe, s’accorde dix jours de vacances dans sa ville natale, dans une région où elle sera prochainement candidate. Elle débarque donc dans sa maison familiale où sa sœur vit avec sa famille, où sa mère est morte il y a un an.

L’ambiance est lourde et se complique lorsque de deux documentaristes en herbe, Karim et Michel veulent réaliser un reportage sur Agathe. Car Karim est lié à l’écrivain par sa mère, femme de ménage de la famille Villanova. Parce que Michel est un ringard qui fait craquer la sœur d’Agathe…

C’est ce trio que va observer scrupuleusement la réalisatrice. Elle va peler leurs faiblesses, leur amertume et leur espérance. Avec des dialogues assez jouissifs, le film est une amusante étude de mœurs, servis par un amour des comédiens qui transpire sur la pellicule. Ils sont tous parfaits et font oublier les compositions tièdes de certaines stars hexagonales.

Jaoui et Bacri décortiquent le mal français, le racisme ordinaire, la lutte des classes, le manque de confiance, le mépris des sentiments… Le couple continue de fustiger nos travers mais cette fois ci, autour d’un cercle familial, un peu trop caricatural. Ils arrivent toujours à transformer leurs personnages en cours de film et c’est assez drôle lorsque Bacri passe du reporter confirmé au grand benêt immature.

Cependant dans ce film, les vérités se succèdent sans convaincre. Les auteurs prennent le soleil et ne parviennent pas à dégager une véritable émotion. Ce qu’ils montrent n’a rien de nouveau. C’est certes bien présenté. Mais rien ne semble retenir l’attention ou l’admiration. Le cinéma de Jaoui, toujours noble, semble désormais tourner en rond. Après la pluie, vient le beau temps paraît il. On espère que cela sera vrai pour le prochain film du duo.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 18/09/2008